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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /Mars /2007 21:02

Vu sur le blog de la République des fourmis

Samedi 10 mars 2007
Par deslilas10 - Publié dans : deslilas
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /Mars /2007 16:55
relevé sur la newsletter de www.Bernard-Besret.com

Préface pour la nouvelle édition de « Du bon usage de la vie »


Les éditions Albin Michel viennent de rééditer Du bon usage de la vie en format de poche. Le livre se trouve donc de nouveau en librairie. Elles m’ont demandé à cette occasion de rédiger une nouvelle Préface. Avec leur accord, je vous adresse cette nouvelle préface.
 


Écrire un traité Du bon usage de la vie présuppose d’avoir en tête un archétype de la vie humaine, exprimée dans sa plénitude. En occident, nous avons, à certaines époques, exalté le héros, le chevalier ou le saint, avant de mettre en avant l’homme engagé, le militant ou, sur un tout autre registre, l’entrepreneur accompli. D’autres cultures comme la culture de l’Inde se sont reconnues dans la figure du renonçant ou du mystique alors que celle de la Chine se reconnaissait plutôt dans celle du sage.

Il me semble aujourd’hui difficile de définir la plénitude de la vie humaine par un seul terme, une seule catégorie. À moins bien sûr que celle-ci ne porte déjà en elle-même une certaine complexité. L’univers, la vie en général et la vie humaine en particulier ne sont pas des réalités monolithiques. Elles résultent de l’interaction entre des polarités radicalement opposées et cependant si peu antinomiques qu’elles s’appellent l’une l’autre pour se féconder. D’un côté l’expansion, l’explosion, la pulsion impérieuse vers le multiple. De l’autre, la concentration, le resserrement, les diverses forces de gravitation qui imposent les contraintes de l’unité. D’un côté la folle division des cellules et de l’autre l’impérative exigence de se développer au sein d’un seul œuf. D’un côté le yin, selon les concepts développés depuis des millénaires par la philosophie chinoise et aujourd’hui popularisés en occident et de l’autre le yang[1]. L’un et l’autre, dans leur opposition et leur interaction dynamique, absolument nécessaires au développement de tout ce qui existe.

Seule l’interaction réciproque de l’un sur le multiple crée les conditions d’une complexification, d’une différenciation qui permettent l’une et l’autre d’engendrer des êtres à la fois subtilement organisés et totalement individualisés. Nous sommes tous, dans notre singularité, le fruit d’une fécondation de l’un par le multiple, le résultat d’une tension permanente entre un centre et une périphérie. Celui qui ne se pense qu’en termes de centre et d’unité s’expose à mourir étouffé, asphyxié, sclérosé et figé sur lui-même. Celui qui ne se pense qu’en termes de multiple, de conquête et de périphérie s’expose à mourir par éparpillement, par émiettement et par dispersion. Il ne s’agit pas non plus d’un équilibre statique entre l’un et l’autre, dans lequel les deux se neutraliseraient. Ce serait une autre forme de mort par suppression du courant entre les deux pôles. Non, il s’agit d’un processus constant, d’une respiration permanente entre l’ouverture et le recentrement.

Michel Serres, dans une conférence donnée à Tokyo en 1996, affirmait que notre identité résulte de l’empilement de nos appartenances à différents sous-ensembles de l’humanité[2]. Nous sommes en effet la résultante des relations que nous tissons avec les autres, nous enrichissant personnellement à travers chacune d’entre elles, nous ouvrant ainsi progressivement à l’humanité dans la variété de ses aspects. Il en résulte ce paradoxe que nous construisons notre singularité en fonction de notre ouverture sur l’universel ! Plus je m’ouvre à d’autres personnes, à d’autres langues, d’autres cultures, d’autres civilisations, d’autres philosophies, d’autres religions, d’autres conception de l’art, et plus je me singularise par rapport à celui qui est resté enfermé dans le cercle restreint de ses connaissances (aux deux sens du terme).

Nous ne pouvons nous constituer qu’en nous ouvrant sur le différent, sur l’autre, sur le multiple. Mais c’est à la condition de vivre cette ouverture dans l’unité de notre être. Sous peine d’une schizophrénie effrénée! Il nous est bon d’aller chercher notre nourriture à l’extérieur, à la périphérie. Encore faut-il que nous ayons la capacité de la digérer, de l’assimiler, de la faire nôtre! L’ouverture appelle le recentrement. Le multiple n’est fécond que s’il est vécu dans l’unité. Ma tâche d’homme est de métaboliser le multiple pour en faire de l’un.

Le monde contemporain, sous l’influence de l’occident, est de plus en plus tourné vers le multiple. Par la presse écrite, la radio, la télévision, Internet, nous sommes assaillis par des informations en provenance du monde entier. Les nouvelles techniques de communication et d’information nous offrent le moyen d’une ouverture de tout instant, dans toutes les directions. Les sollicitations nous parviennent de toutes parts. Nous voudrions nous mobiliser sur tous les fronts. Subvenir à toutes les souffrances, du moins à celles dont les médias nous parlent, ignorant encore des pans entiers de l’humanité souffrante. Mais cette ouverture à la dimension de la planète risque de rester totalement vaine si elle n’est pas assumée par des êtres ayant la capacité d’y faire face sans perdre pour autant leur identité.

Cela vaut sur le plan individuel comme aussi sur celui de toutes les collectivités qui fournissent des éléments d’identité à un groupe d’hommes (parenté ethnique, communauté linguistique, appartenance religieuse, regroupement géographique). Elles doivent pouvoir s’ouvrir au reste du monde, sortir de leur isolement, s’enrichir au contact d’autres civilisations sans pour autant perdre leur identité profonde par mimétisme ou par simple nivellement.

La sollicitation exacerbée du multiple dans tous les domaines appelle donc un renforcement existentiel de l’un.

C’est par ce biais que le moine redevient, de façon inattendue, une figure d’une extrême actualité. Comme son nom l’indique, il est l’homme qui fait de l’unité l’objectif essentiel de sa vie[3]. Il est en quelque sorte l’archétype de cette dimension de l’humanité. Plus notre civilisation s’enivre de multiple, plus elle a besoin des valeurs de la vie monastique pour rétablir le rôle essentiel de l’un. Pour se structurer et grandir l’homme a un besoin aussi impératif de la profondeur de l’un que de l’extension du multiple.

Peu importe la religion dans laquelle la vie monastique s’incarne, elle exerce un attrait accru sur nos contemporains. Le yoga, le Qi Gong, l’assise zen, sont pratiqués en faisant le plus souvent abstraction du contexte religieux dans lequel ces pratiques sont nées : elles sont considérées comme des voies vers l’intériorité. Les hôtelleries des monastères, qu’ils soient catholiques romains, orthodoxes, bouddhistes tibétains ou vietnamiens, ashrams hindouistes ou dojo zen, ne désemplissent pas. Du coup, ces structures qui risquaient d’être trop refermées sur elles-mêmes deviennent des « monastères pour le monde »[4]. Des monastères au service de ceux qui, sans être moines, n’en sont pas moins désireux de retrouver les voies de l’unité pour eux-mêmes.

D’où la pertinence de la question : y a-t-il dans le mode de vie des moines, de leçons a tirer pour ceux qui vivent en dehors des institutions monastiques ? C’est la conviction qu’affirmait Raimon Panikkar dans son Eloge du simple, Le moine comme archétype universel[5] et que, sous un autre angle, j’explorais à la même époque dans mon traité Du bon usage de la vie dont on retrouvera le texte ici. Cette conviction s’est imposée à moi dès mes premières années de vie monastique. J’ai raconté dans Confiteor, De la contestation à la sérénité[6], le rôle qu’a joué pour moi la méditation sur l’arbre de Porphyre dans la découverte que j’ai alors faite. À savoir que les exercices auxquels s’adonnent les moines, à la manière des pianistes qui pratiquent leurs gammes pour accroître leur marge de jeu, ces exercices qui constituent l’ascèse monastique proposaient aux hommes des outils pour avancer sur la voie de leur hominisation. L’ascèse les invite en effet à assumer en eux les niveaux d’organisation minérale, végétale et animale et à s’en servir de supports pour l’émergence de la conscience proprement humaine. Pour devenir conscients d’être conscients, devenir, à la limite, pure conscience en état d’éveil. Loin d’être les instruments d’une mortification (comme on avait tendance à les présenter alors), je découvrais que ces exercices (s’ils étaient bien compris et intelligemment mis en œuvre) étaient ceux d’une véritable vivification. Pour l’époque, cela avait des allures d’une petite révolution copernicienne ! Dom Jean Déchanet n’avait pas encore publié son Yoga chrétien en dix leçons, pas même sous le pseudonyme, adopté par prudence, de Yogin du Christ.

Quel chemin parcouru depuis !

De plus en plus nombreux sont aujourd’hui les hommes et les femmes en quête d’intériorité qui ont compris, à chaque stade de leur croissance spirituelle, que leur corps est leur meilleur allié[7]. Que ce n’est pas en le brusquant, en le mâtant, en le mutilant, qu’ils avanceront sur le chemin de l’éveil, mais bien au contraire en le mettant au service de cette quête intérieure. Le rôle du jeûne et de l’alimentation, du bon fonctionnement du diaphragme, du souffle, de la respiration, du chant, du silence, dans l’apaisement intérieur et l’ouverture à des niveaux de conscience plus subtils, est de mieux en mieux connu et exploré.

Inversement, nombreux sont aussi ceux qui, en quête d’une meilleure santé, ont recours à des pratiques, en d’autres temps, considérées comme réservée aux moines. En matière de diététique, toutes les écoles, quelque soient par ailleurs leurs divergences, s’accordent pour recommander la frugalité. Plusieurs d’entre elles recommandent par ailleurs un jeûne régulier voire des jeûnes prolongés. Le carême ou le ramadan révèlent ainsi, sous-jacente à leur signification religieuse, une valeur quasi médicale. Les vertus anti-stress de la méditation sont maintenant scientifiquement étudiées, indépendamment de la croyance ou non en un Dieu révélé de ceux qui la pratiquent. Plusieurs des techniques d’origine religieuse, citées plus haut (yoga, Qi Gong, assise zen) sont aujourd’hui recommandées pour leur efficacité thérapeutique.

Ce double mouvement peut entraîner des confusions et même engendrer un certain désarroi chez ceux qui n’ont pas saisi combien l’homme est une réalité indivise dans laquelle tout événement vécu à un certain niveau a des répercussions sur les autres niveaux. Une demi-heure de méditation est certes avant tout une activité à caractère spirituel. Mais, par surcroît, elle a une valeur d’apaisement sur le psychisme de celui qui médite ainsi que des effets bénéfiques sur sa santé corporelle. Inversement tout ce qui agresse le corps ou perturbe le psychisme peut avoir des effets négatifs sur la vie spirituelle de celui qui les subit. À moins bien sûr qu’il ne sache les transformer en épreuves qui l’aident à se dépasser et à grandir.

Si l’on fait abstraction des formes anachroniques ou exotiques que les traditions ascétiques peuvent encore revêtir aujourd’hui dans certains monastères, on peut constater que ces traditions créent les conditions favorables à l’éveil de la conscience. Elles constituent un guide pour l’homme en quête de son unité intérieure dans un monde dispersé. L’objet de ce livre est de les explorer et d’en tirer avantage pour la vie de tous les jours. Nous avons là un véritable patrimoine de l’humanité encore trop peu exploité !

Le monde occidental contemporain a donc paradoxalement besoin de ces moines qui lui semblent si étrangers mais qui incarnent de façon explicite, une dimension essentielle de toute vie humaine, dimension mise à rude épreuve et même en péril par le mode de vie que ce monde développe et propage sur la planète entière.

On peut éventuellement regretter qu’il faille se plier, dans chaque monastère, au particularisme que constitue la religion à laquelle il appartient. D’une façon générale, on ne trouve pas de monastères qui soient affranchis de toute attache religieuse particulière. Certains, comme Taizé, estompent leur définition confessionnelle (du moins au sein du Christianisme). D’autres lieux, comme La Commanderie[8], sont ouverts, sans syncrétisme, à la pratique de différentes traditions. Mais ce sont des exceptions.

Ne pourrait-on légitimement souhaiter la fondation d’un nouveau type d’ordre monastique qu’on pourrait qualifier de « laïc » ? L’idée peut paraître étrange mais la vie monastique, en elle-même, n’est-elle pas trans-religieuse ? Elle n’appelle nullement l’adhésion à tel ensemble de croyances plutôt qu’à tel autre. Chacun des membres de cet ordre d’un nouveau genre resterait, selon le principe de la laïcité, libre d’appartenir à la religion de son choix ou de n’appartenir à aucune. De croire en un Dieu révélé ou de n’y pas croire. De qualifier comme il l’entend le fondement ultime du réel : matière, énergie, vide-néant ou au contraire vide plein de conscience.

Cet ordre ne prendrait pas en charge la totalité de la vie de ses membres, mais leur proposerait régulièrement des temps forts d’intériorité. Les outils qu’il mettrait en œuvre seraient orientés, au-delà de la maîtrise de la parole, vers l’apprentissage du silence et de la paix intérieurs[9] : dépassement des mots, du raisonnement et de toute activité mentale pour accéder au fond du fond du réel, à ce vide qui se révèle, pour qui en fait l’expérience, comme une indicible plénitude. Le présent traité Du bon usage de la vie pourrait déjà lui fournir un premier inventaire des outils qu’il serait susceptible de mettre en oeuvre.

Ses membres repartiraient ensuite vivre leurs multiples engagements dans la société en ayant rééquilibré leurs vies menacées d’éclatement par ces temps forts au cours desquels la recherche de l’unité redeviendrait l’essentiel[10].



Au-delà de ce rêve qui n’est peut-être qu’utopie, j’ose espérer faire œuvre utile en mettant à la portée de tous les outils que, de génération en génération, des myriades de moines, de toutes confessions, sur tous les continents, ont transmis au monde contemporain. Ils nous invitent à métamorphoser chaque acte de la vie quotidienne en geste pleinement humain, porteur de sens et d’efficacité. Ils nous appellent à devenir des consciences éveillées en nous rappelant les exigences de l’unité intérieure et en nous aidant à mieux faire respirer en nous l’un et le multiple.





A Paris, le 24 octobre 2005





[1] Donnés ici en ordre inversé (par rapport aux deux phrases précédentes).

[2] Sa préoccupation était de dénoncer le racisme qui ne retient pour définir quelqu’un qu’une seule de ses appartenances à un sous-groupe de l’humanité en négligeant toutes les autres, multiples et différentiées qui le rendent absolument unique et totalement irréductible à une seule catégorie. Il a repris ce thème dans un article paru l’année suivante de Le Monde de l’Education.

[3] Cf. Bernard Besret, Confiteor, De la contestation à la sérénité, Paris, Albin Michel, 1991, p.73.

[4] Cf. Dom Jean-Pierre Longeat, Paroles d’un moine en chemin, entretiens avec Monique Hébrard, Paris, Albin Michel, 2005. Présentant l’auteur de l’ouvrage, Monique Hébrard déclare : « il est aussi un « carrefour de rencontres », attentif aux livres, aux films, aux courants de pensée, à la crise de notre société comme à celle de l’Eglise. Attentif surtout aux êtres dans leur diversité, à leurs détresses et à leurs passions, à leur demande de spiritualité qui s’exprime souvent, comme on le sait, dans une absence de repères et un refus des normes caractéristiques de notre « postmodernité ».

[5] Paris, Albin Michel 1995.

[6] Paris, Albin Michel 1991, p.86 ss.

[7] Cf. Dr Deepak Chopra, Un corps sans âge, un esprit immortel, Paris, InterEditions, 1994, p.191 : « A chaque stade de la croissance spirituelle, votre meilleur allié est votre corps ».

[8] 61360, Montgaudry, lieu créé par Ariane Buisset, auteur de La Réconciliation, Essai sur l’unité cachée des religions, Paris, Editions ADYAR, 2000.

[9] J’ai souvent été invité à comparer la vie monastique et la vie maçonnique. Elles ont en effet beaucoup de points communs, ce qui explique que beaucoup de monastères en panne d’idéal au début du XVIIIe siècle aient choisi de se doubler de loges maçonniques, du moins avant la condamnation de celles-ci par Clément XII en 1738 (Cf. José Antonio Ferrer Benimeli, S.J., Les archives secrètes du Vatican et la franc-maçonnerie). Deux points fondamentaux cependant les distinguent. La vie monastique exerce une emprise globalisante sur la vie de ses membres à la différence de la vie maçonnique qui respecte une respiration entre la vie à l’intérieur et à l’extérieur du Temple (les tenues n’ayant lieu qu’une ou deux fois par mois). Et, d’autre part la vie maçonnique est toute orientée vers la maîtrise de la parole (proclamée et écoutée) alors que la vie monastique est, elle, orientée vers l’apprentissage du silence intérieur.

[10] On l’aura deviné, je rêve ici d’un ordre dont les structures pourraient s’inspirer de celles de la maçonnerie, à la fois exigeantes et souples, mais dont la finalité serait explicitement monastique tout en restant strictement laïque.


+ d'infos  
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 08:25
"7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes", livre de Jacques Cotta, se trouve maintenant en librairie. Une enquête de terrain sur notre réalité sociale qui permet de poser quelques questions essentielles dans la période électorale qui s’annonce...

Jacques Cotta, 7 millions de travailleurs pauvres

La face cachée des temps modernes

Librairie Arthème Fayard - VIII-2006. 302 pages - 19€ ISBN : 35-2759-5

Plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l’incapacité de se nourrir, de se loger ou de s’habiller décemment de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1 300 euros, et cherchent pourtant soir après soir où dormir... Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange - CES, CIE, CEC... -, touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales...

Nous voilà dans le monde des travailleurs pauvres !

Alors que jamais le pays n’a été aussi riche - le PIB est en progression constante depuis les années 1990 -‘ la précarité s’est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l’intérim a augmenté de 130%, le nombre de CDO de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d’un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l’allocation solidarité. Cela n’arrive qu’aux autres ? Erreur ! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement... Au cours de cette enquête, dans la lignée du Peuple d’en bas de Jack London ou de tians la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, Jacques Cotta a rencontré des personnes qui le savent bien : André, ancien prof surdiplômé, Éric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Étienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier... Autant de travailleurs dont on n’aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu’ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté, Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.

Le sujet dérange. Hommes politiques et médias n’en parlent que rarement Tout au plus comptabilise-t-on, en hiver, les morts de froid, en les présentant comme des « SDF », sans autre précision. Puis l’information est reléguée au second plan.

Le thème sera sans doute au coeur des débats dans la perspective des élections de 2007. L’occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l’ambition...

Journaliste, Jacques Cotta a collaboré à Radio France, à divers supports de presse écrite ainsi qu’à plusieurs émissions de télévision (Droit de réponse, Envoyé spécial...). Réalisateur de nombreux films d’investigation, dont Front national : la nébuleuse, récompensé par un 7 d’Or, il est actuellement en charge de la série de documentaires Dans le secret de... sur France 2.

lundi 2 octobre 2006 par Info impartiale et pluraliste.

 

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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 14:07

Edgard Pisani devrait pouvoir parler dans le Paysage audiovisuel français cela apporterait un peu d'oxygène et de réflexion dans cette campagne agitée et superficielle.
Il est trop facile d'attribuer à Mai 68 l'origine de tous nos problèmes. La politique compassionnelle mise en scène depuis fort longtemps n'en découle pas par exemple avec tous ces ministres qui reprennent le rôle autrefois dévolus aux gens d'église.
La critique des totalitarismes s'est transformée en un chasse aux idéologies, aux utopies, aux valeurs dénigrées et ridiculisées parce qu'elles nous empêcheraient d'être modernes et réactifs et de faire face à la complexité de la vie en société. Le "il est interdit d'interdire" ( sympathique au départ dans une société verrouillée a pu se révéler dangereux) s'est transformé rapidement en "il est interdit d'espérer et d'avoir des projets ou des programmes".
On a glorifié une version occidentalisée de l'efficacité orientale du "sage est sans idée". Il serait peut être utile de lire les ouvrages de François Jullien pour sortir de cet orientalisme pour touristes pressés.
Il nous faut une réflexion sans entrave, sans préjugé, sans corrigé-type imposé au nom d'un prétendu réalisme économique érigé en dogme infaillible. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas savoir comtper et produire avec efficacité pour distribuer avec plus d'équité.
Edgard Pisani nous y appelle, très bien, cela prendra du temps et ce n'est pas en jouant le scénario de l'homme providentiel dénigrant les partis et les clivages de pensée que nous y arriverons. Un pays ne se dirige pas comme une entreprise devrait l'être ( car pour connaître un peu ce monde là on y est fort éloigné du mythe du choix des meilleurs quels que soient leurs engagements civiques).
_________________
"On ne peut pas admirer en même temps la lune, la neige et les fleurs"

Deslilas

Pour se rendre sur le blog de M. Edgard Pisani

www.vivelarevolte.com

 

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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 09:02

Le quotidien finlandais Helsingin Sanomat vient de publier les résultats de recherches menées en Suède et en Finlande sur les économies faites par les pays qui accueillent des immigrés. Les gains en terme de couts d'éducation sont estimés entre 200 000 et 350 000 euros pour un immigré "choisi" à l'âge de 20 ans.

Immigrants can bring considerable savings in education costs


Immigrants can bring considerable savings in education costs
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Contrary to perceptions that immigrants are a drain on national resources, foreign residents who have been educated abroad can actually save their host country massive amounts of public funds.
      Helsingin Sanomat has calculated that a 20-year-old Finn who has graduated from high school or vocational school has cost society and his or her parents about EUR 350,000. The figure includes educational, and health care costs among others.
     An immigrant with an academic degree, the bonus is considerably higher.
      "For instance, training a doctor is very expensive, and it is clear that a doctor who has been trained in Estonia or Russia will save Finland a large sum of money", says Mauri Nieminen a demographer at Statistics Finland.
     
According to a recent study in Sweden, by the time a Swede reaches the age of 20, he or she will have cost society significantly more than an immigrant of the same age with an equivalent education in his or her home country.
      Pekka Parkkinen, a researcher at the Government Institute for Economic Research (VATT) notes that the Swedish study does not take into account the money that the parents spend on their children's free time and hobbies.
     Parkkinen calculates that maintaining a child in Finland costs an average EUR 10,000 a year. This means that by the time a child reaches the age of 20, he or she will have incurred costs of nearly EUR 200,000.
     Social and health services, as well as education, cost society at least EUR 150,000. When an immigrant arrives in Finland, all of those expenses will have been paid in the country of origin.
     
Society also incurs some costs from taking in immigrants: their orientation into Finnish society is an expense, and many of them do not get jobs right away.
     "On the other hand, there are people in the native population as well, who do not pay for their own sustenance", Pekka Parkkinen points out.
     There are no accurate statistics on the educational backgrounds of new immigrants. However, officials know that there are many well-trained immigrants who cannot practice their profession in Finland for one reason or another.
     For instance, foreign doctors need to qualify in Finland as well before they can practice their profession.
     
Sevindz Gahramani, 34, a doctor from Azerbaijan is taking part in "adaptation training" at Jorvi Hospital in Espoo.
     Gahramani studied medicine first in her own country for three years, and for three more years in Moscow. She has lived in Finland for nearly ten years, during which time she has had two children.
     After six months of mandatory training, she will have to pass three examinations at the University of Tampere before she can practice medicine in Finland.
     "The most difficult part has been learning the language, and cultural differences. Doctor-patient ethics are different than in Russia."

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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 15:02
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 11:14
Terrain de jeu

Exposition à l’Institut finlandais du 15 mars au 28 avril 2007

Vernissage le mercredi 14 mars de 19 h à 21 h



L'exposition Terrain de jeu explore la rue en analysant le réseau de significations culturelles qu'elle constitue et en étudiant les pratiques qu'elle engendre et entretient avec ses usagers. La répétition joue un rôle essentiel dans le processus de production de sens de la rue, ainsi que dans ses activités, où elle permet la naissance, au sein de son réseau social, de nouvelles significations, habitudes et pratiques.
Dans cette exposition, les élèves du département d'études graphiques de l'École supérieure des arts et du design de Helsinki abordent la rue et l'espace urbain en tant que média. Ils montrent la rue et décomposent la structure hétérogène de sa production de significations. Les oeuvres des étudiants sont exposées sous forme de tirages grand format, de photos ou d'animations, ainsi que par des procédés de l'image en mouvement et de l'univers du son. La rue est aussi appréhendée au travers d'une maquette représentant une ville imaginaire avec ses bâtiments, ses monuments, ses publicités, ses squares, ses boulevards, ses habitants et ses animaux. Les visiteurs de l'exposition sont invités à jouer les urbanistes et à prendre part à la conception et à la construction de cette maquette.

Un cycle de films datant des années 1950-1970 sera présenté en parallèle dans l'auditorium de l'Institut finlandais. Intitulé Scènes de la vie urbaine, ce cycle a pour décor le paysage urbain finlandais. Les films, signés par des réalisateurs finlandais majeurs, mettent en valeur l'évolution de cet environnement et de sa représentation cinématographique.
Tous les films seront projetés en version originale sous-titrée en français. Le programme complet est disponible sur les pages internet de l'Institut finlandais et sur demande.



A l'Institut finlandais, 60 rue des Ecoles, 75005 Paris
Du mardi au samedi de 12 h à 18 h, nocturne mardi jusqu'à 20 h
Entrée libre



L'exposition Terrain de jeu et le cycle de cinéma Scènes de la vie urbaine font partie d'un ensemble d'événements proposés dans le cadre de l'exposition "La rue est à nous...tous", organisée au printemps 2007 par l'Institut pour la Ville en Mouvement.

www.larueestatous.com

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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 09:41

Plus de 300 professionnels du cinéma et de l'audiovisuel ont parrainé une pétition nationale de RESF en faveur des sans-papiers à travers un court-métrage.

 

Manifestation à l'appel de RESF le 1er juillet 2006 à Paris (Sipa)

Manifestation à l'appel de RESF le 1er juillet 2006 à Paris (Sipa)

A six semaines de la présidentielle, le Réseau éducation sans frontières (RESF) a lancé lundi 5 mars une campagne et une pétition nationale contre l'expulsion des enfants scolarisés sans-papiers, baptisée "Laissez-les grandir ici!".
Un court-métrage a été réalisé à l'occasion par le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers, visible dans 400 salles à partir de mercredi et dès lundi soir sur Internet.
"La place des enfants n'est pas dans les centres de rétention mais dans les écoles", a souligné Richard Moyon, porte-parole de RESF, lors d'une conférence de presse lundi soir à la Cinémathèque française, devant de nombreuses personnalités du cinéma dont Josiane Balasko, Costa-Gavras, Thomas Gilou ou Dominik Moll.
"Le métissage de la société française est une réalité en dépit de la démagogie véhiculée par la droite et l'extrême-droite", a souligné Richard Moyon. "Tous les gens présents dans ce pays ont le droit d'y vivre sans avoir à justifier de leur utilité dans la société ou de leurs ancêtres", a-il ajouté.
Le but de cette campagne est de créer un "vrai débat participatif" sur la place de l'immigré dans la société, selon RESF, qui souhaite que le film crée une "brèche définitive dans l'opinion publique". 

Refusé par les salles multiplexes 

Pour réaliser ce court-métrage, seize véritables enfants sans-papiers scolarisés, après l'accord de leurs parents, ont travaillé lors d'ateliers d'écriture au cours desquels ils ont raconté leur histoire et partagé leur expérience.
Un texte commun est né, mis en scène grâce à des gros plans sobres et poignants dont la question-clé est "Est-ce que c'est normal d'avoir peur quand on va à l'école?". Le court-métrage est réalisé par un collectif de cinéastes, tous membres du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers, et premiers signataires de la pétition.
Principalement visible dans les réseaux arts et essai, le court-métrage a pour l'instant été refusé par les salles multiplexes, précise RESF. Il est en revanche disponible sur tous les sites Internet de partage (Google vidéo, MySpace...)
Juliette Binoche, Jane Birkin, Romane Bohringer, Yves Boisset, Rachid Bouchareb, Juan Luis Buñuel, Karin Viard, Régis Wargnier, Claude Miller ou Jacques Weber font partie des 352 premiers signataires de la pétition du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers également disponible sur le site de RESF. (AP)

 article extrait du site www.nouvelobs.com

Pour signer la pétition rendez vous sur le site www.educationsansfrontieres.org/?article4633

 

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Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /Mars /2007 09:31

Airbus : le rôle nécessaire de l'Etat républicain

L'Airbus A 350 ne pourra être développé sans la contribution des Etats.



Le plan d'économies annoncé par Louis Gallois ne permet pas ce financement. Quand j'entends M. Sarkozy déclarer dans sa conférence de presse d'hier : « Les Etats ne sont pas les actionnaires les mieux avisés », je me demande si je rêve. Est-ce que M. Arnaud Lagardère et M. Forgeard qui ont vendu leurs actions avant que soient révélées les difficultés de l'A 380 sont « des actionnaires avisés » ? Pour ce qui est de la gestion de leur patrimoine personnel certes ! Mais pour l'avenir de l'entreprise EADS – Airbus certainement non !

Nous sommes bien là en présence de cette tendance fondamentale au court-termisme qui caractérise la gestion du « capitalisme patrimonial » cher à Alain Minc. Les actionnaires se paient d'abord, peu importe l'avenir de l'entreprise, ses investissements, sa recherche, le renouvellement de sa gamme de produits, ses salariés, leur qualification et leur formation. Ainsi s'opère la déconnection des entreprises et des territoires.

Les avions d'Airbus sont fabriqués déjà à 40 % dans la zone dollar. Le processus d'externalisation engagé par la vente de certaines usines ne peut conduire qu'à l'accélération du processus de délocalisation vers les pays à bas coût de main d'œuvre.

On observe la même tendance avec Alcatel-Lucent qui supprime 10 000 emplois dans le monde dont 90 % en Europe et aux Etats-Unis où la main d'œuvre est la plus chère.

Comment contrarier cette tendance générale au court termisme et à la délocalisation ?

Par une politique de l'euro d'abord qui remédie à sa surévaluation. Ensuite par une vigoureuse politique d'aide à la recherche-développement : celle-ci implique forcément l'intervention des Etats. C'est une bonne chose que l'actionnariat allemand inclue maintenant une forte participation publique. C'est à travers une vigoureuse politique industrielle essentiellement à base franco-allemande qu'Airbus pourra être relancé et que le développement de l'A 350 qui commande l'avenir de l'emploi pourra être financé. Ségolène Royal faisait observer l'autre jour que si la réglementation actuelle de la concurrence par la Commission avait prévalu au début des années soixante-dix, jamais les Etats français, allemand, britannique, n'auraient pu financer par avances remboursables le développement d'Airbus qu'on célèbre comme une réalisation de « l'Europe », en oubliant que dès l'origine, ce fut l'affaire des Etats.

Ceux-ci n'ont pas à abdiquer leur rôle. Plus que jamais face à la concurrence de Boeing, largement subventionné par le budget de la Défense américaine il convient que les grands Etats européens se concertent pour sauver la construction aéronautique sur notre continent et les emplois qu'elle représente.

Aller dans le sens de M. Sarkozy, celui de l'actionnariat privé, ce serait vouer EADS-Airbus à subir demain le sort de Péchiney et d'Arcelor, en passant sous le contrôle des fonds de pension, anglo-saxons ou autres. Etrange conception de la défense des intérêts nationaux et européens !

Je serais « maurrassien », selon M. Bernard-Henry Levy, s'exprimant récemment dans Le Nouvel Observateur parce que je mets en garde contre le résultat du libre jeu du « capitalisme financier mondialisé », expression qu'on ne trouve pas souvent chez Maurras.

Il n'est pas venu à l'idée de l'auteur de L'idéologie française, bréviaire déjà ancien de la repentance nationale, que je pourrais n'être qu'un républicain français simplement patriote.

Jeudi 01 Mars 2007
Jean-Pierre Chevènement
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Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 08:41

La Bibliothèque Nationale de France  propose actuellement  une superbe exposition sur les PHOTOGRAPHES HUMANISTES 1945-1968.


http://expositions.bnf.fr/humaniste/bande/bande.htm


Photographies réalisées par des artistes animées d'une foi délibérée dans le genre humain et de son avenir et qui donnent à voir à leurs semblables avec empathie, respect et fraternité,  et s'engagent dans leurs combats pour des lendemains meilleurs à travers des campagnes pour l'éducation, la santé, le bien-être et pour la paix dans le Monde.

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