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Dimanche 15 avril 2007 7 15 /04 /Avr /2007 20:29

L'avis du quotidien belge "Le soir"

Oui, nicolas sarkozy est dangereux

MESKENS,JOELLE

Joëlle Meskens

J usque-là, nous ne l'avions pas écrit. Parce qu'il demeure exceptionnel que Le Soir prenne position dans une élection, comme il l'avait fait pour soutenir John Kerry face à George Bush aux Etats-Unis.

Cette fois pourtant, on ne peut plus rester sans le dire. Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l'UMP à l'Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l'humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l'éducation, la famille, l'amour, l'apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d'un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l'Allemagne, prédisposée à s'abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants. Et que dire de cette phrase, entendue en meeting : « La France n'a pas à rougir de son Histoire. Elle n'a pas inventé la solution finale. » Aurait-il oublié que la France a collaboré ? Que Vichy a livré des Juifs aux nazis ? Jacques Chirac a beaucoup de torts. Mais il a eu ce courage, lui, de reconnaître la responsabilité de l'Etat français pour la collaboration.

Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias ne laisse pas d'inquiéter, elle aussi, obtenant ici le limogeage d'un directeur dérangeant, discutant là de l'embauche d'un journaliste chargé de couvrir l'UMP. Et que dire de ses déplacements de campagne ? Non seulement il ne peut plus se rendre en banlieue, là où Jean-Marie Le Pen se promène désormais, mais même dans des quartiers moins chauds comme la semaine dernière à la Croix-Rousse à Lyon, il doit reculer par crainte des manifestants.

« Prendre des voix au Front national, est-ce mal ? », interroge Nicolas Sarkozy. Non, bien sûr, au contraire. Mais à condition de ne pas séduire ses électeurs avec les mêmes mots. Au soir du premier tour, le candidat de l'UMP se félicitera peut-être d'avoir asséché le terreau électoral de Jean-Marie Le Pen. Mais à quel prix ? Celui, affolant, d'une lepénisation des esprits.

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Jeudi 12 avril 2007 4 12 /04 /Avr /2007 11:12

Génie du Contrat Première Chance

Par Alain Lefebvre, expert en relations du travail. Vit à Stockholm. Dernier ouvrage paru : «Faut-il brûler le modèle social français ?», aux éditions du Seuil.
Français, mes compatriotes, quand la droite et la gauche de la gauche critiquent une mesure, elle a de bonnes chances d'être bonne, voire très bonne. Celle-ci est excellente, mais pas vraiment traditionnelle. Je vous résume l'affaire, que j'ai suivie de pas trop loin…



 

Après des aventures qu'il me faudra bien vous conter, un jour, et une absence qui m'a beaucoup coûté, compte tenu du nombre de bêtises émises dans la campagne électorale ces dernières semaines, me revoilà, bon pied, bon œil, pour les derniers jours de la campagne. Et compte tenu du nombre d'âneries proférées par les aspirants à la magistrature suprême et leurs équipes, je ne manque pas de matière pour mes coups de gueule.

Tenez, regardez le Contrat Première Chance de Ségolène. Dès l'annonce, sans même lire la déclaration de l'intéressée, les Aliborons de gauche ont poussé leurs braiements usuels : j'ai lu mes dépêches, et Marie-George Buffet et Bernard Thibault émettaient des « réserves ». Olivier Besancenot y était radicalement opposé. Pour l'ancien leader de la fronde anti-CPE Bruno Julliard (Unef), le « contrat première chance » était une « connerie », avant qu'il ne soit « rassuré », probablement en regardant 10 minutes la proposition de la candidate. Quant à la droite, elle s'est contentée de dire : « même ses amis critiquent Ségolène Royal, vous voyez bien ». Sarkozy ne s'est même pas donné la peine de critiquer la mesure, comme si elle ne le méritait pas.

Français, mes compatriotes, quand la droite et la gauche de la gauche critiquent une mesure, elle a de bonnes chances d'être bonne, voire très bonne. Celle-ci est excellente, mais pas vraiment traditionnelle. Je vous résume l'affaire, que j'ai suivie de pas trop loin : il n'y a pas besoin de trop se creuser la tête pour découvrir que dans notre pays, où le chômage est élevé, de nombreuses entreprises ont du mal à embaucher. Donc on parle de former les Français, de les accompagner pour qu'ils puissent fournir aux entreprises la main d'œuvre dont ils ont besoin, de produire plus, de nous rendre plus riches, moins chômeurs, moins RMIstes et j'en passe.

Oui, mais on est dans le peloton de queue pour la formation professionnelle en Europe, pas de chance pour les employeurs, l'Etat français néglige ses devoirs élémentaires. Et il ne fait pas mieux son travail dans le cadre de l'Education Nationale, avec comme l'a souligné Ségolène Royal 190 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification.

Alors, quand Ségolène Royal et sa jeune conseillère (c'est dans les gazettes) ont cherché une mesure phare en matière d'emploi, l'éclair de génie est d'avoir pensé à associer les deux, régler les problèmes de nos PME et ceux de nos jeunes exclus. Après 25 ans de traitement social du chômage déconnecté de l'économie, voilà une mesure qui est du vrai développement économique social.

Comme l'a expliqué Dominique Méda, qui est particulièrement sympa, et pas seulement hyperbrillante, et pas seulement parce que nous avons écrit un livre (iconoclaste) sur le modèle français ensemble, la mesure est simple : pendant 3 mois, le jeune sans qualification, au chômage depuis plusieurs mois, arrive dans l'entreprise, on évalue avec lui et son futur patron, aux frais des services de l'emploi, ce qu'il veut faire, ce qu'il est capable de faire, ce qui lui manque pour y arriver, et puis il rentre en CDI normal avec des formations adaptées à sa personne, ou en apprentissage. Et pendant les 3 mois d'évaluation et les 9 mois suivants, le patron récupère le salaire et les cotisations sociales. Gagnant/gagnant, je vous dis : aujourd'hui, les jeunes concernés restent au chômage sur la longue durée, le RMI est leur seul objectif possible, et les petites entreprises ne trouvent pas la main d'œuvre pour se développer. Embaucher un jeune non qualifié, c'est faire des pertes, parce que ce fameux jeune n'est pas assez productif pour être rentable et risque de couler l'entreprise. Là, avec le système Ségolène, le jeune a le temps de devenir productif avant d'être à la charge de l'entreprise.

Bon, d'accord, il y a des détails à préciser, genre comment éviter les profits d'aubaine pour les entreprises qui auraient embauché de toutes façons (allez poser la question à Bayrou, qui a un système où l'Etat fait cadeau des charges de 2 emplois à toutes les entreprises, y compris Total, là c'est de l'aubaine ou je ne m'y connais pas !), ou faut voir quels jeunes on vise, quels âges, quelle durée de chômage, et puis pourquoi si ça marche ne pas en faire bénéficier les seniors non qualifiés… Je sais, ou plutôt Ségolène sait. Mais à quoi servent les partenaires sociaux, sinon à négocier ce genre de choses ? Et quand Sarkozy vous annonce 4 points de moins de prélèvements obligatoires, ce que même Thatcher n'a pas fait en fermant tout au Royaume-Uni, pourquoi ne lui demandez-vous pas comment il va faire ? Je sais pourquoi : parce que vous savez que c'est impossible, et qu'il vous raconte des histoires à dormir debout.

Alors, pourquoi ces réactions si négatives, même si elles deviennent plus positives chaque jour ? Là encore, facile : d'abord, parce que c'est la présidentielle, et que toute bonne idée de l'adversaire doit être détruite, ou ignorée si elle est trop bonne. En plus, si l'on propose d'avantager les non qualifiés et les petites entreprises, c'est normal de se mettre à dos la gauche et la droite, non, ceux qui veulent faire payer le grand capital (message pour eux: grand capital pas concerné par la mesure, pensez plutôt au plombier que vous attendez parce qu'il ne trouve ni ouvrier ni apprenti), type Besancenot et Buffet, et ceux qui, par stupidité, négligence ou haine du progrès social, ont laissé tous les gouvernements sabrer constamment dans les crédits de formation professionnelle de 1971 à 2006 !

Et puis, et là je vais critiquer mon camp (oui, pour le lecteur qui me soupçonnait de soutenir Ségolène Royal, je la soutiens, je suis même président de son comité de soutien nordique), il y a le choix des mots. N'écoutez pas ceux qui vous disent : Ségolène Royal, c'est de la comm, que de la comm… Vous avez ici l'inverse : le choix des mots est malheureux, un an après le Contrat Première Embauche, proposer un Contrat Première Chance, c'était pas forcément gagnant. Là, comprenez bien, c'était un pied de nez à la droite, une façon de dire : regardez, je propose un truc intelligent à la place de votre proposition antisociale, antiéconomique, raciste et anti-jeunes, et je réussis là où vous vous êtes plantés, j'ai l'idée la plus brillante de la campagne. Le malheur, c'est d'avoir parié sur l'intelligence collective immédiate, alors que la première réaction de tous, face à Ségolène Royal, est de chercher la faute, car sa réussite mettrait fin à beaucoup d'ambitions, masculines notamment.

La question aujourd'hui est de savoir si pactes et programmes des candidats seront lus, comparés et influenceront les votes le 22 avril, ou si, au lieu du vrai choix de société qui nous est proposé, nous voterons sur les critères de M. Le Pen, qui considère que droite et gauche ont les mêmes programmes. Cela a peut-être été vrai il y a 5 ans, mais cela ne l'est plus : il y a de grosses différences en termes de projet de société, d'économie, de libertés, et de conception de l'homme, comme en témoigne la déclaration de Nicolas Sarkozy sur la pédophilie et le suicide des jeunes.

A vos lunettes !
 

Mercredi 11 Avril 2007
Alain Lefebvre

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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 15:22

BAYROU AU CENTRE..?

 

" Lorsqu'on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la premiere idee qui me vient est que l'homme qui pose cette question n'est certainement pas un homme de gauche" _ Alain, 1930


"Ce faisant, celui qui (François B.) prétend incarner une manière radicalement nouvelle de faire de la politique ne fait, en realite, que renouer avec le vieux reve d'une "mediocratie" a la VGE dans laquelle il serait possible de recueillir sur chaque enjeu, l'assentiment de "deux francais sur trois" et offre, dans le meme temps, un prolongement au "realisme de centre-gauche" symbolisé par la Fondation Saint-Simon dans les années 1980 au lendemain de la proclamation de la "mort de ideologies" _ Julien Bach, haut-fontionnaire, membre de la Fondation Copernic

Retrouvez ici l'intégralité du texte de J.Bach :  FCopernic_avril2007

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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 08:30

En Finlande aussi l'heure est au regroupement des forces syndicales, un rapport préconise la fusion de six syndicats couvrant neuf secteurs de l'industrie.

Lyly proposes merger of six industrial trade unions

Helsinki (09.04.2007 - Juhani Artto ) A full merger is the more promising option than either closer cooperation or a model somewhere in between these two options. Thus concludes Lauri Lyly, the director of SAK's bargaining department, who was in December 2006 commissioned by six industrial trade unions to map options for their future relations. The six unions involved are (rank and file members in 2006): The Chemical Workers' Union (47 600), the Electrical Workers' Union (32 300), the Media Union (24 200), the Paper Workers' Union (47 100), the Wood and Allied Workers' Union (45 600) and the Metalworkers' Union (165 500). Lyly proposes that the new union (made up of a coming together of the above), TEAM, as Lyly calls it, would begin to function at the beginning of 2010. TEAM would consist of nine "rather independent" sectors.

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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 08:26


Analyse
 
Ségolène Royal, candidate hypermoderne, par Bertrand Le Gendre
 
LE MONDE | 09.04.07 | 13h32  •  Mis à jour le 09.04.07 | 13h32

égolène Royal ne fait rien comme tout le monde. Ségolène Royal déroute, car elle donne l'impression d'improviser. Malgré ses zigzags, elle s'en tient pourtant à son intuition première. Elle a compris que la politique avait changé de nature. Que les électeurs ne croient plus aux grandes constructions idéologiques - c'est l'individualisme qui les guide - et que la révolution numérique renforçait cet individualisme en démultipliant ses moyens d'expression. Voilà pourquoi la candidate socialiste s'adresse autant à l'individu qu'au citoyen. Pourquoi sa stratégie de communication emprunte si souvent à la grammaire d'Internet, au peer to peer, au wiki et à l'hypertexte. Voilà en quoi elle est hypermoderne.

Tocqueville, que Ségolène Royal a sûrement lu, est le premier à avoir perçu que la démocratie favorisait l'individualisme. Dans De la démocratie en Amérique (1835), il écrit : "L'aristocratie avait fait de tous les citoyens une longue chaîne qui remontait du paysan au roi ; la démocratie brise la chaîne et met chaque anneau à part." Que devient le citoyen dans une société où chaque "anneau" est à part ? Comment conjuguer cet individualisme avec les exigences du vivre-ensemble ? Ces questions interpellent les intellectuels depuis Tocqueville.

Les réponses de Gilles Lipovetsky, Pierre Rosanvallon ou Bernard Manin, pour s'en tenir à aujourd'hui, varient. Mais leurs problématiques convergent. Elles soulignent un phénomène dont Ségolène Royal a parfaitement compris les implications : la démocratie représentative est en crise. Elle pâtit d'un narcissisme généralisé qui dévalue les enjeux collectifs, les solidarités de classe, et favorise la "psychologisation" de la vie politique.

La démocratie représentative, dit la vox populi, ce n'est pas la démocratie. C'est la délégation à une oligarchie du pouvoir de légiférer pour tous. Cette délégation de pouvoir, l'individu moderne la vit comme une dépossession. Il aspire à décider pour lui-même, par lui-même. Et il a été trop souvent trompé. Lorsqu'elle défend l'idée de jurys citoyens - auxquels les élus auraient à rendre des comptes entre deux scrutins -, Ségolène Royal heurte les princes qui nous gouvernent, mais elle flatte les attentes du tiers état.

Sa campagne ne serait pas la même sans Internet. Tous les candidats tentent de se servir du Web. Mais là où ses concurrents utilisent la Toile comme une caisse de résonance, comme un simple outil de communication, Ségolène Royal s'est approprié sa syntaxe. Elle a compris que le peer to peer, le wiki et l'hypertexte avaient transformé nos schémas mentaux, nos pratiques cognitives, et donc modifié les rapports que les citoyens entretiennent avec la politique.

Le "pair à pair", ou échange entre égaux sur le modèle des fichiers musicaux piratés, a habitué les internautes à communiquer directement entre eux. Il a bouleversé les hiérarchies existantes en désacralisant les sachants et les puissants : intellectuels, journalistes, enseignants, dirigeants, élus... Lorsque tout un chacun, dans le cyberespace, peut donner son avis, interpeller un candidat ou commenter l'actualité, la démocratie change de paradigme.

Se faire entendre, être écouté. Le citoyen et l'internaute - souvent ils ne font qu'un - exigent d'avoir voix au chapitre. Ils ne veulent plus que la parole tombe de haut. Ils veulent exister. Les "débats participatifs" auxquels Ségolène Royal affirmait, au début de sa campagne, accorder tant d'importance n'avaient d'autre raison d'être que d'épancher cette soif d'expression.

Depuis, la candidate socialiste mène sa barque avec un art consommé de l'humilité. Toujours à l'écoute, en retrait s'il le faut. Un jour on l'interroge sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Mon avis, répond-elle, sera celui des Français. Que n'avait-elle pas dit ! Comment fuir à ce point ses responsabilités ?, s'indignent ses adversaires, alors que sa réponse était très calculée.

LE MAILLAGE COMPLEXE DE LA SOCIÉTÉ

Son programme, la candidate socialiste l'a conçu, avec la même modestie, sur le modèle du wiki, un outil qui permet à tout un chacun d'enrichir des contenus en ligne, l'encyclopédie Wikipedia, par exemple. A peine Ségolène Royal avait-elle lancé le mouvement que desirsdavenir.org, son site, ressemblait à un capharnaüm. A un fatras très caractéristique du Net. Qu'en a-t-elle tiré exactement ? Sans doute ne le saura-t-on jamais. Le message, au moins, était clair : la candidate socialiste n'écoute pas que les experts.

Mieux que tout autre, elle a compris que l'individu moderne était raccordé à la société sur le mode de l'hypertexte. L'hypertexte est cette fonction qui, lorsque l'on clique sur l'écran, permet de naviguer d'un site à l'autre grâce aux liens qui les relient entre eux. Cette métaphore signifie que l'individu contemporain ne se reconnaît plus dans un groupe social donné, aux contours prédéterminés. Mais qu'il appartient à des réseaux multiples - famille, travail, loisirs, associations... - entre lesquels il commute comme l'on navigue sur la Toile. En n'y investissant qu'une part de lui-même, selon des logiques souvent déconcertantes, comme le montre François Ascher dans La société évolue, la politique aussi (Odile Jacob, 2007, 308 p., 27 €).

L'individu moderne peut être partisan de l'autorité et du mariage des homosexuels. Partisan de la mondialisation, grâce à laquelle il s'habille à bon marché, mais de l'interventionnisme de l'Etat lorsqu'une entreprise textile délocalise. Contre les 35 heures comme entrepreneur, mais pour davantage de loisirs comme père de famille. Favorable à la carte scolaire comme citoyen, mais partisan de plus de souplesse comme parent d'élève.

Les propos successifs et parfois antinomiques de Ségolène Royal sur ces sujets et sur d'autres reflètent les contradictions qu'engendre cette multi-appartenance. Ils passent pour brouillons, alors qu'ils résultent, au-delà de ses maladresses, d'une réflexion très actuelle sur le maillage paradoxal de la société.

En quelques années, cette présidentielle permet de le mesurer, les attentes des Français se sont complexifiées. La campagne qu'elle mène en 2007, Ségolène Royal ne l'aurait pas menée en 2002. Prématuré. Sa victoire n'est pas assurée pour autant. Son aptitude à capitaliser l'individualisme de ses concitoyens, conjuguée à son intelligence des ressorts d'Internet, est un atout, bien sûr. Mais une majorité de l'électorat continue, et continuera longtemps encore, à se déterminer selon des critères traditionnels.


Article paru dans l'édition du 10.04.07
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 19:09

Lu sur LIBERATION

Le machisme économique
Par Thomas PIKETTY
QUOTIDIEN : lundi 9 avril 2007
Thomas Piketty est directeur d'études à l'EHESS 
 
 
Ségolène Royal est une femme, donc nulle en économie ? Aussi grossier puisse-t-il paraître, ce syllogisme d'un autre âge pèse visiblement lourd dans les subconscients. A en juger par certaines réactions, nombre de commentateurs doctes et avisés ont manifestement du mal à aller au-delà de leurs préjugés machistes.Les candidats masculins peuvent se permettre d'aligner les inepties économiques (Sarkozy) ou encore de revendiquer le vide de leur programme (Bayrou). Mais il suffit que la candidate Royal laisse un détail dans l'ombre pour que sa compétence économique soit immédiatement remise en cause. Prenons l'annonce faite par Sarkozy d'abaisser les impôts de 4 points de PIB (produit intérieur brut) au cours de son mandat. Promesse invraisemblable s'il en est, puisque même Margaret Thatcher, en dépit de ses coups de boutoir forcenés sur les dépenses publiques, n'est parvenu à les réduire que de 2 points en dix ans ! Qu'aurait-on entendu si Royal avait fait le même étalage de légèreté et d'ignorance des ordres de grandeur les plus élémentaires ? On pourrait multiplier les exemples. Le candidat UMP prétend vouloir revaloriser le travail tout en proposant de supprimer l'impôt sur la fortune acquise par héritage, et nombre de journalistes semblent hésiter à pointer cette évidente contradiction économique. De même, Sarkozy comme Bayrou semblent envisager une hausse de la TVA, en oubliant au passage que c'est ainsi que Chirac-Juppé avaient cassé la croissance en 1995, et que le moral des ménages français est plombé par la stagnation du pouvoir d'achat. Commise par la candidate, une telle erreur de diagnostic macroéconomique serait stigmatisée beaucoup plus durement.
Inversement, difficile de ne pas imputer au machisme économique ambiant la virulence des critiques adressées ces derniers jours au contrat première chance, proposé par Ségolène Royal. Et le fait que la conseillère sociale en charge du dossier ait également le mauvais goût d'être une femme (et inspiratrice d'excellentes propositions sur le service public de la petite enfance) n'a sans doute pas aidé. Que l'on reproche à ce nouveau contrat d'être encore incertain dans ses paramètres, passe encore. Il reste que la comparaison avec le CPE n'a aucun sens : alors que ce dernier concernait tous les jeunes et les mettait sous la coupe réglée des entreprises, le contrat première chance se concentre sur la petite minorité de jeunes sortis sans qualification du système éducatif et leur propose un parcours de formation en alternance. Surtout, tout laisse à penser que cette mesure ciblée aura un bien meilleur rendement économique que les nouveaux dispositifs d'exonérations de charges prônés par Sarkozy et Bayrou. L'exonération des heures supplémentaires défendue par le candidat UMP servira les insiders ayant déjà un emploi, mais sera par définition de peu d'utilité pour ceux qui en sont encore à chercher leur première heure de travail. Quand à l'exonération complète des charges pour deux emplois par entreprise, défendue par le candidat UDF, on croit rêver : applicable à toutes les entreprises quelle que soit leur taille et à tous les salariés quels que soient leur qualification et leur salaire, difficile d'imaginer un dispositif qui maximise à ce point les effets d'aubaine. Une entreprise passant de 520 à 522 salariés bénéficiera ainsi de la mesure à plein sans même s'en rendre compte. Par comparaison avec ces propositions, le contrat première chance de Royal est nettement moins coûteux et a l'immense mérite d'être beaucoup mieux ciblé et de se concentrer sur la population des jeunes sans qualification, auxquels les dispositifs actuels offrent peu d'opportunités pour reprendre le chemin de l'emploi et de la formation.
Plus généralement, la vérité est que Royal est la candidate la plus crédible pour s'attaquer au premier défi économique de la France, à savoir le déficit abyssal d'investissement dans la formation, la recherche et l'innovation. D'abord parce qu'elle est la seule à tenir les deux bouts de la chaîne en proposant à la fois de lutter contre l'échec scolaire à la racine (avec, enfin, un véritable ciblage des moyens en faveur des écoles défavorisées) et d'offrir au supérieur et à la recherche l'autonomie et la souplesse nécessaires pour figurer en bonne place dans la compétition internationale. Ensuite parce qu'elle est à la seule à pouvoir mener de concert ces réformes de structure tout en assumant l'indispensable hausse des moyens en faveur des universités (contrairement à son rival de droite, empêtré dans d'irréalistes promesses de baisses d'impôts). Avec son parcours et son programme, un candidat masculin aurait peu de chances d'être attaqué sur sa crédibilité technique. Sa victoire permettrait de sortir enfin du machisme économique hexagonal.
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Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /Avr /2007 17:00

Sweden gets a dose of liberalism

Published: 8th April 2007 13:21 CET
Online: http://www.thelocal.se/6939/

Traditionally a European champion when it comes to high taxes, Sweden has been getting a dose of economic liberalism over the past six months from its new conservative-liberal government.

In just a matter of weeks the new government of Prime Minister Fredrik Reinfeldt has announced it is abolishing the property tax, and very symbolically, the wealth tax.


The moves signal an easing of control by the state and a move away from the lavish welfare system which has been held up as a model of social democracy by a large part of Europe's left-wing for decades.

"This is a step in a more liberal direction but it's not a very big step, it's not a very radical change," commented Stefan Lundgren, the director of the Swedish centre of political studies (SNS).

Under the plans the wealth tax, which was created in 1947, will be abolished this year while the formal abolition of the property tax will be presented later this year and be applied in January 2008.

The measures both featured in the electoral platform of the four parties in the ruling centre-right coalition which ousted the Social Democrats in September 2006 legislative elections.

The outcome of the election was seen as a sign of a wish by the Swedish population to reform the way Sweden works.

"The goal of this government is in fact to have a smaller state," said Mats Knutson, a political analyst at SVT television station.

In 2005 obligatory tax payments accounted for 52.1 percent Sweden's gross domestic product, according to the European Union's Eurostat data agency.

Since its arrival in power the centre-right coalition has launched a series of reforms.

It started out in December by modifying the system of unemployment benefits, reducing benefits and increasing payments.

And in March the government proposed ending state participation in six companies, including Vin & Spirit, the owner of the famous vodka Absolut.

"Sure it is a step towards a more market-oriented policy," said Klas Eklund , chief economist at SEB bank.

"Lower real estate tax is of course a way to increase incentives to own your own house. There are a number of small steps taken now: wealth tax, real estate tax, low unemployment benefits, lower income tax, easier to start your own company, less bureaucracy for small entrepreneurs.

"Every single one of them is not very important, but if you add them all up surely Sweden is turning more liberal," added Eklund.

The left-wing opposition also says the government has shifted to the right.

"We are starting to recognise a rightist policy, one week they abolish the wealth tax and the next the property tax instead of relying on the welfare state," Pär Nuder , the Social Democrats' economic spokesman, told the TT news agency.

"It is an unfair policy which increases gaps."

The next challenge for the government is to take on the problem of unemployment of lesser qualified people and immigrants, another electoral promise.

Knutson says the government intends to reduce salary costs for businesses which give priority to hiring these people, who form the bulk of the country's unemployed.

In mid-February the Organisation for Economic Cooperation and Development (OECD) said that in spite of excellent macro-economic performance with 4.4 percent growth in 2006, one of Sweden's biggest challenges was to integrate immigrants into the work market.

It advised Sweden to continue reforms to strengthen the economy by introducing more competition into the public sector.

Delphine Toitou

 

AFP (news@thelocal.se)

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Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 15:46

 

Social Democrats look to new media

Published: 2nd April 2007 19:50 CET
Online: http://www.thelocal.se/6886/

So it is finally ready: the Social Democrats' official post-election analysis. It came out in a bulky 157-page volume and I am not going to bore you with a summary.

Instead I would like to focus on the sections dealing with the bearing the media had on the election result, and the role the analysts feel that the Social Democrats should play in the media sector.


The election analysis maintains that the glory days of A-pressen are long gone. A-pressen was a newspaper group owned by the Social Democrats. Formed in 1947, the group went into bankruptcy at the beginning of the 1990s. Only a handful of A-pressen's newspapers are still owned by the Social Democratic Party or affiliated groups.

"In Sweden's ten largest municipalities there is just one newspaper with a Social Democratic editorial line: Folkbladet in Norrköping. It is owned by its right-wing competitor Norrköpings Tidningar."

It seems to me that the analysts have been very careful to avoid drawing the conclusion that the press support system in its current form has evidently not solved this problem. But sooner or later we are going to have to face up to this challenge.

The strategy of putting on the blinkers and stubbornly defending a press support system which clearly does not guarantee the diversity for which it was designed is no longer sustainable.

The authors of the election analysis ask how the social democratic movement should position itself with regard to the emerging media landscape, and what we should do to put across our vision for the future.

And the analysts do in fact supply some answers. They write that "the workers' movement needs to stop crying over lost A-pressen newspapers" and instead "see the possibilities in the new media society".

They argue that the social democratic movement needs to become better at using new media, primarily "the web" (written like that, with quotation marks). As an example they mention the need to "develop interactive home pages, internet newspapers and blogs".

All of which undeniably sounds promising. It just remains to be seen how many of the ideas and proposals that have emerged from the election analysis actually result in concrete measures.

I readily sign up to the notion that the social democratic movement needs to become better at selling its message. But that is easier said than done.

Jonas Morian is chairman of Socialdemokratiska pressföreningen (the Social Democratic Press Association). He also runs his own Swedish-language blog, PromeMorian, where this article first appeared.
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Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 15:33
La liberté comme forme :
le cycliste et le censeur
par Catherine Kintzler
En ligne le 6 avril 2007

Appliquée à la liberté d'expression et reprise par quelques habiles, la critique des droits formels a vite fait de se transformer en bâillon : à scruter les contenus, on s'érige bientôt en censeur des « mauvais usages de la liberté ». Pour abolir ainsi le degré zéro de la liberté, il faut se croire au faîte de la liberté : il faut se prendre pour Dieu. Il ne faut donc pas céder sur la forme, par définition indifférente au contenu pourvu qu'il respecte lui-même les formes. Sans sa forme vide, sans sa forme la plus formelle, la plus abstraite, sans ce que Descartes appelle « le plus bas degré de la liberté », il n'y a pas de place pour la liberté. Forme fondamentale, ce plus bas degré n'est pas réductible à un minimum : c'est la condition du déploiement de tous les autres.
Intervention aux débats d'Agora 21 le 5 avril 2007


Sommaire de l'article

La liberté d'expression fait partie des libertés que l'on dit « formelles ». Effectivement, c'est une liberté qui se définit par sa forme ou son extériorité. Rappelons trois articles fondamentaux de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, reprise dans le préambule de la Constitution de 1958 :

Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

Article 5 - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

Article 11 - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.


Ainsi c'est non pas la personne morale d'autrui ou l'idée que l'on se fait de cette personne qui forme la limite de ma liberté, mais ses droits, expressément définis par la loi réglée sur la volonté générale. En l'occurrence, la liberté d'expression est encadrée par des lois sur l'injure, la diffamation, l'incitation à la violence, à la haine raciste, etc. Le principe est toujours le même : les interdits sont nécessaires au fonctionnement  du droit en ce sens qu'ils sont la condition de possibilité du droit qu'ils limitent et dont ils sont constitutifs.

On sait que les droits dits formels ont été l'objet de critiques célèbres, d'abord par les adversaires de la Révolution française, tels Burke, au nom d'une conception distributive de l'ordre politique – et c'est plutôt la notion d'égalité qui était visée (1). Plus connue dans la tradition française est la critique inspirée par le Manifeste du Parti communiste de Marx et d'Engels – et cette fois c'est plutôt la liberté « formelle » qui tombe sous le coup de la critique : la liberté en effet, c'est le droit pour le propriétaire des moyens de production d'exploiter le non-propriétaire – le loup libre dans un poulailler libre. On se souvient de l'éblouissante formule (éblouissante par son ambivalence voulue) par laquelle Marx caractérise le prolétaire : un travailleur libre. Libéré de la servitude qui frappait le serf, mais libre de toute autre propriété que celle de sa force de travail, qu'il doit donc vendre pour survivre, et même, pour le prolétaire moderne, celui de la grande industrie, libre de la technique de travail qui lui a été volée par la machine. Ainsi le prolétaire est libre en tant que force de travail pure et simple, force de travail abstraite. Notons l'emploi du terme abstrait par Marx pour caractériser cette force de travail : abstraite car réduite à son essence, sans propriétés particulières.

Or c'est précisément son abstraction que les critiques de la liberté formelle lui reprochent. Dans un premier temps, je m'attacherai à remonter à la source philosophique  de cette critique, qui fédère toutes les autres : cela nous conduira au concept classique de la liberté comme maîtrise. Dans un second temps, j'essaierai de montrer comment cette conception de la liberté philosophique peut être retournée et servir à abolir toute liberté, précisément lorsqu'elle est opposée à la liberté formelle à des fins de dénonciation. J'en conclurai qu'il ne faut jamais céder sur la forme – or c'est ce que nous sommes constamment invités à faire lorsqu'une « affaire » survient, comme récemment l'affaire des caricatures et l'affaire Redeker. 

la suite sur le blog de Catherine Kintzler

http://www.mezetulle.net/

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Jeudi 5 avril 2007 4 05 /04 /Avr /2007 16:19

Le Syndicat des électriciens de Finlande vient de remporter une victoire. Il a contraint une entreprise polonaise qui employait des électriciens polonais sur des chantiers en Finlande à respecter les salaires prévus par les conventions collectives de la Finlande.

Les salaires horaires des ouvriers polonais sont ainsi passés de 5 euros à  12,30 jusqu'à 14 euros.

Un coup d'arrêt au dumping social !

Communiqué du blog de Juhani Artto

Thanks to the Finnish Electrical workers’ union:

 


Over EUR700,000 paid afterwards to the Polish electricians

 

Helsinki (05.04.2007 – Juhani Artto ) Over EUR700,000. - That’s the amount of money the Finnish Electrical workers’ union was able to secure to some 90 Polish electricians who had worked in for only about EUR5 hourly wages.

The blockade and other means, applied by the union, compelled the Polish company MSB to agree on hourly wages from EUR12.30 to EUR14.00. The agreed wages are based on the collective agreement, applicable for electricians at construction sites.

 

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