Culture

Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 08:26


L'UFAL organise sa traditionnelle UPL (Université Populaire Laïque) fin août à Limoges : le jeudi 27 à partir de 14h 30, le vendredi 28, le samedi 29 août et le dimanche 30 jusqu'à 13 h. Dans la convivialité et la détente, c'est à la fois un vrai moment d'éducation populaire et un temps de formation et d'échange pour les militants.
Le programme aborde une vaste gamme de problématiques reflétant aussi bien les travaux des secteurs de l'UFAL (Santé Protection sociale, Ecole, Laïcité et féminisme, Développement durable) que des moments de débat et de prospective (sur la famille, sur la crise et le capitalisme...).

A noter en dernière minute la confirmation de penseurs de référence sur la laïcité : Catherine Kintzler et Henri Peňa-Ruiz.

 

PROGRAMME      |      INSCRIPTION      |      TRANSPORT



Université Populaire Laïque

à Limoges, au complexe CHEOPS 87

55, rue de l'ancienne Ecole Normale d'Instituteurs

www.cheops-87.com - 05 55 30 08 10

Rendez-vous sur www.ufal.org
Contact : antoine@ufal.org – 01 46 27 09 25


APERÇUS

Jeudi 27 août (après-midi)

Géopolitique des territoires – Pascal Barrère et Jacques Lombard  (Ufal  64 et Ufal 04)
A l’heure des interrogations suscitées  par le rapport Balladur, pour ne pas se laisser enfermer dans une réflexion franco-française, on fera un rapide tour d’horizon du fonctionnement des collectivités locales dans quelques pays. Cet exposé examinera les spécificités de quelques pays, parfois des évolutions, en restant toujours concret et en utilisant des exemples. Les règles de bonne gouvernance territoriale compilées par le Conseil de l’Europe, les modèles anglo-saxon, nordique, allemand et français seront autant de ferments de réflexion, d’éclairages portés, et d’éléments peu connus ouvrant des pistes possibles pour une bonne gouvernance territoriale dans notre pays.

La crise pour sortir du capitalisme ? – Tony Andréani
Professeur de sciences politiques à l’Université Paris VIII, Tony Andréani a beaucoup travaillé sur les modèles de socialisme, passés ou possibles, et notamment sur ceux qui s’inscrivent dans la lignée de l’autogestion : Le socialisme est (à)venir, 2 tomes, Syllepse,  2001 et 2004. Pour lui, le socialisme à venir serait multiple, avec un secteur public, un secteur « socialisé » et certaines formes privées de propriété.

Fiscalité et redistribution - Liêm Hoang-Ngoc
Economiste, Liêm Hoang-Ngoc est maître de conférences à  Paris I Panthéon-Sorbonne et membre du laboratoire Matisse (Unité Mixte de Recherche Paris I - CNRS). Il est membre du conseil national du Parti socialiste depuis 2003 et élu député européen socialiste depuis juin 2009.
Parmi ses récentes publications : Vive l'impôt ! (Grasset, 2007), remise à l’honneur de l’impôt sur le revenu universel et progressif ;  Sarkonomics (Grasset, 2008) ;  Sous la crise, la répartition des revenus (La Dispute, 2009)


Vendredi 28 août

Débats actuels sur la bioéthique – Christian Gaudray (Ufal 33)
Alors que la France prépare sa deuxième révision de la Loi de bioéthique, les débats font rage, mais se focalisent sur un nombre restreint de thèmes dictés souvent par l'activisme de groupes de pression, l'église catholique notamment.
La bioéthique n'est pas l'affaire des médecins, des politiques ou des religions, elle est l'affaire de tous. Il nous a semblé important de rappeler les fondements essentiels qui la sous-tendent et de donner une lecture républicaine et laïque des débats en cours après avoir décrypté les enjeux pour ceux qui occupent le devant de la scène.


Propositions pour la fin de vie – Monique Vézinet (Ufal 75)
La mort, comme la naissance, n'échappe pas à la distinction entre sphères privée et publique qui fonde la réflexion de l'UFAL. L'essor de la médicalisation se heurte à la volonté d'individus refusant la poursuite des traitements ou même recherchant une assistance médicale au suicide. Comment y associer les proches et contraindre les pouvoirs publics à développer les moyens nécessaires à un accompagnement  permettant de garantir l'égalité face à la fin de vie ?
Le corps médical, souvent appuyé par les lobbies confessionnels, avance des arguments éthiques ou techniques qui ne respectent pas la citoyenneté et les consciences.
A l'heure où des pays voisins offrent des solutions plus libérales qu'en France, comment se positionner face aux propositions en cours ?

Pour une politique familiale non familialiste, modifier la loi de 1975 - Bernard Teper (Ufal 94)
On entend souvent ridiculiser  la catégorie "famille" avec des arguments médiocres du style : «  Cela me rappelle Pétain et "travail, famille, patrie", donc on ne doit pas en parler ! ». Comme s'il suffisait qu'un responsable d'extrême droite utilise un mot pour ne plus le prononcer !
Ces imbéciles politiques ne savent-ils pas que la grande majorité des citoyens (et souvent eux-mêmes !) vivent en famille ?
Ces imbéciles politiques ne comprennent-il pas que la plupart des changements du Code civil depuis 1945 portent sur le droit familial ?
Ces imbéciles politiques ne comprennent-ils pas que les politiques familiales ont un énorme impact ? Et préfèrent-ils continuer à se satisfaire sur ce point des compromissions des partis de gouvernement avec les communautaristes ethniques et religieux ?
Voilà pourquoi il faut se préoccuper de politique familiale mais définir une politique non familialiste.

Laïcité : essai de conceptualisation philosophique et réflexions sur l’actualité – Catherine Kintzler (Ufal 75)
Auteur de Qu’est-ce que la laïcité ?  Vrin, 2006. Derniers textes de la philosophe dans UFAL FLASH :  La laïcité : partir de zéro (2e RLI), Burqa et niqab au-delà du masque: une dépersonnalisation indifférenciée – 24 juin 2009


Samedi 29 août


Après la destruction, bâtir l’école république – Marie Perret (Ufal 75)
Lire le dernier texte de la responsable du secteur Ecole de l’UFAL, enseignante de philosphie, dans UFAL FLASH : Comment défendre l'école publique aujourd'hui ? L'institution scolaire et le principe de laïcité -  7 juillet 2009

Comment conduire une campagne locale d’éducation populaire - Bernard Teper (Ufal 94)
Avoir des idées, c'est bien. Mais si personne ou peu de gens peuvent en profiter, c'est moins bien ! Aucune transformation sociale n'est possible sans lutte pour l'hégémonie idéologique, disait Antonio Gramsci. Disons que sans éducation populaire tournée vers l'action, pas de combat pour l'hégémonie idéologique.
Et les campagnes d'éducation populaire tournées vers l'action doivent d'abord être locales. Pour cela, le responsable du développement de l’UFAL propose douze commandements déjà éprouvés !
 
Laïcité : luttes féministes et laïques, ici et ailleurs – Henri Peña-Ruiz et Azar Majedi
Professeur de philosophie en khâgne, essayiste, ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République, Henri Peña-Ruiz . Lire :
La laïcité, un idéal d'émancipation universel (2e RLI) Lien permanent vers cet article
Originaire d’Iran et vivant en Angleterre, Azar Majedi est présidente de l’Organisation de Libération des Femmes (OWL), membre du comité directeur de l’Initiative Féministe Européenne. Lire :
Droite contre Gauche dans le mouvement laïque : être laïque ne suffit pas (2e RLI)
Iran : Mythes et réalités. Qu’est ce que les gens veulent ? UFAL FLASH  7 juillet 2009

Dimanche 30 août (matin)

La protection sociale solidaire vendue aux enchères – Catherine Jousse (UFAL 75)
Dans la plupart des pays développés, la protection sociale constitue le premier budget humain, beaucoup plus important que celui de l’Etat. En France, le budget de l’Etat s’élève à 280 milliards d'€, celui de la sécurité sociale à  390 milliards d'€, l’ensemble de la protection sociale à environ 500 milliards. On comprend dès lors l’intérêt que cela représente pour les tenants du capitalisme hexagonal, européen et mondial. Regard sur la mécanique de marchandisation instillée depuis plus de quarante ans… par la co-responsable du secteur Santé Protection sociale de l'UFAL.
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 19:47

Exposition au Colombier - Dienville

 

 
Posted by Picasa

L'aquarelliste Claude Boyer exposera ses oeuvres dans le Colombier de Dienville (10) du 14 au 17 août de 10h à 19h.
Entrée libre


Informatrions supplémentaires sur
www.au-fil-de-l-aube.fr
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 12:03
 




Le Collège Marie Curie de Troyes a présenté hier soir, mardi 23 juin, sa comédie musicale "Entre duel et duo" dans le grand auditorium de l'UTT.
Splendide travail collectif des élèves,des enseignants et du personnel administratif accompagnés par la chorale d'adultes de Virginie Ferreira et par l'orchestre d'adultes du Conservatoire de Troyes dirigé par Jean-Charles Ferreira. Ensemble ils ont donné une très belle prestation qui a enthousiasmé et ému les 500 spectateurs.

(cliquer pour agrandir les photos du montage)


D'autres photos du spectacle sur
http://brienne-aube.blogspot.com
Posted by Picasa
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /Juin /2009 10:03

Reprise de mon blog
http://troyes-en-champagne.blogspot.com

 

 

 

 


En complément de l'exposition "Le beau 16ème" une visite s'impose au site de l'Isle-Aumont à quelques kilomètres de Troyes. Ce site a été découvert et mis en valeur par l'archéologue Jean Scapula et son oeuvre est poursuivie par une association dévouée, érudite et efficace.

After the exhibition "Le beau 16ème" everyone must pay a visit to the church in Isle-Aumont, some kilometers from Troyes.
A fabulous site has been discovered by a local archeolog Jean Scapula who devoted his life to his researches. A very active and efficient association has taken the relay in order to promote this site.
Posted by Picasa

Le site internet de l'Association
Jean Scapula.
href="http://eglise.isleaumont.free.fr/index.html">
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 17:38

SAINT-AYOUL DE PROVINS
Un prieuré au temps des foires de Champagne
par François Verdier

La ville médiévale de Provins (Seine-et-Marne) est divisée en deux sites : une ville haute fortifiée, siège du pouvoir comtal et d'une prestigieuse collégiale ; une ville basse, organisée autour du prieuré Saint-Ayoul.

Comment ce prieuré est-il né ? Comment s'est-il retrouvé au coeur d'une des plus importantes foires de Champagne, place financière de dimension européenne ? Comment le petit bourg autour du prieuré s'est-il développé ? Comment ce lieu de ferveur religieuse est-il devenu un foyer intellectuel ?

Le but de cet ouvrage est d'essayer de répondre à ces questions à partir des archives, inventoriées et disponibles sur Cd-Rom.

Ouvrage broché. Format 16 x 24 cm. 289 pages.
+ un Cd-Rom de pièces justificatives.
ISBN 978-2-87825-455-6. 28 euros.

DISPONIBLE EN LIBRAIRIE A PARTIR DU 10 JUIN
ET DES MAINTENANT CHEZ L'EDITEUR




AGENDA
Samedi 13 et Dimanche 14 Juin
Présentation-Dédicace
de l'ouvrage par François Verdier
sur le stand de la Librairie Delvaux, à la 26e édition des Médiévales de Provins - Ville haute - 77160 PROVINS

Dimanche 20 Septembre, à 15h
Conférence : Saint-Ayoul de Provins, un prieuré au temps des foires de Champagne par François Verdier
à l'occasion de la 26e édition des Journées européennes du Patrimoine
à l'église Saint-Ayoul - Ville basse - 77160 PROVINS

Par Editions Gueniot - Publié dans
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 13:08
 


Dans le cadre de son 15ème anniversaire l'Académie musicale Européenne de Villehardouin propose des journées des arts en son très bel auditorium.
Elle expose des peintures et collages de Jean Marrel et des sculptures de Chantal Deroin.

For its 15th anniversary the association "Académie musicale européenne" has invited Jean Marrel and Chantal Deroin to exhibit their works in the fantastic auditorim of Villehardouin.

Cliquer pour agrandir: click on the montage to enlarge.
Posted by Picasa


samedi 6, 13, 20 et dimanche 21 juin à partir de 11 heures,


Académie musicale Européenne
4 rue du Four, à Villehardouin

Tél. 03 25 73 94 54 ou 03 25 46 34 57
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 09:33
vu sur le blog de Catherine Kintzler

Le vocabulaire de la République,
ou le galimatias des « valeurs »
(Les « valeurs » - III)
par Jean-Michel Muglioni

En ligne le 9 mai 2009

Lire les articles précédents : La laïcité et les «valeurs» - I   et  La laïcité et les «valeurs» - II
En annexe : Note sur la valeur travail

Il est question d’imposer aux maîtres dès la maternelle d’inculquer des valeurs aux enfants. Nous tentons ici une esquisse d’analyse de la notion de valeur, pour montrer quelle confusion règne en la matière. Lorsqu’on dit valeur au lieu de principe, et qu’on envisage de prêcher la morale au lieu d’instruire, parce qu’on est devenu incapable de faire respecter la discipline élémentaire à des enfants en bas âge, que reste-t-il de la République ? Ce changement de vocabulaire passe aujourd’hui inaperçu et des hommes de bonne volonté s’y conforment sans se rendre compte du bouleversement qu’il entraîne.

Le discours politique contemporain est d’une grande confusion, comme si personne ne comprenait plus le sens des mots. Or la République repose sur des principes qui ne sont rien s’ils ne sont pas clairement formulés, « déclarés » : elle est inséparable d’un vocabulaire mis au point au cours des siècles et particulièrement au XVIII° siècle, par Montesquieu, Rousseau ou Voltaire. Il faut relire les discours des révolutionnaires pour voir à quel point ils maîtrisaient la langue française. A la fin du XIX° siècle, les fondateurs de la République avaient suivi la même école, et les textes qu’ils ont rédigés sont de haute tenue. Que dira-t-on dans cent ans ou même dans dix ans des galimatias qui nous servent aujourd’hui de lois ou des directives ministérielles ? « Valeurs de la république », « respecter les valeurs », « connaître les valeurs », « se conformer aux valeurs », « valeur travail » : que signifie cet usage du mot « valeur » dont tout le monde abuse aujourd’hui et d’abord politiques et journalistes ?

L’équivoque du mot valeur

L’expression « valeur d’un tableau » est équivoque, car il peut s’agir de sa beauté, de son prix sur le marché de l’art, ou même du simple attachement qu’on a pour lui lorsqu’on l’a chez soi depuis son enfance, c’est-à-dire de sa valeur sentimentale ou affective. La valeur nutritive d’un aliment est encore autre chose. On parle de la valeur d’une promesse. D’un « vaurien ». Valéry écrivant : « la valeur, c’est ce qui n’a pas de prix », distingue radicalement « la » valeur de toute valeur marchande : ce qui vaut vraiment la peine ne se mesure pas en « froid argent comptant ». L’expression « dignité la personne humaine » désigne la valeur absolue de l’homme en tant que conscience. Ainsi la loi française interdit la vente de quelque partie du corps humain que ce soit. Si le talent a un prix marchand, si tout travail mérite salaire, la valeur absolue de la personne humaine en tant qu’être libre, fin en soi, est d’un autre ordre. Peut-être toute valeur est-elle en effet relative, comparée à la liberté d’un homme (1) et n’a-t-elle d’autre fondement que le jugement par lequel un homme l’élit. Mais quelque conception qu’on puisse avoir de la liberté et du fondement des valeurs, notons d’abord que le terme de « valeur » renvoie à une telle diversité de choses et qu’il est pris en une telle diversité de sens qu’il semble que les valeurs n’aient en commun que leur nom.

Les valeurs comme attachements
Le Contrat d'accueil et d'intégration (2) utilise l’expression ; « les valeurs fondamentales auxquelles les Français sont attachés » et cette fois parler d’attachement donne un sens déterminé au terme de valeur : il désigne alors, et c’est le cas dans d’autres contextes, le lien affectif qui nous fait tenir à quelque chose, comme on dit. La question de savoir si ces valeurs sont illusoires ne se pose pas : on ne se demande pas quelle est la valeur de ces valeurs, seul compte le fait que tels ou tels hommes y croient. Les valeurs ainsi nommées n’existent que par la volonté de leurs fidèles. Galilée pouvait cesser de soutenir devant ses juges que la terre se meut autour du soleil parce qu’il savait que cela ne l’empêcherait pas de se mouvoir. Au contraire, il faut les défendre les valeurs, parce qu’elles ne sont plus rien si on cesse de les affirmer. Rien n’est donc plus variable que les valeurs : l’histoire montre que les Français n’ont pas toujours eu les mêmes valeurs, et que sans doute jamais tous n’ont eu les mêmes en même temps.
Prise au sérieux, cette façon aujourd’hui ordinaire de parler de valeurs signifie qu’on ne peut avoir sur la question des valeurs qu’un point de vue subjectif et affectif, hors de propos s’il s’agit de trouver entre les hommes un terrain d’entente. Ce qui n’étonnera guère un lecteur des anciens, puisque le partage entre philosophie et sophistique s’est fait sur la question de savoir s’il était possible de parler de valeur sans d’abord poser la question de leur vérité. Non pas la question de Ponce Pilate, « qu’est-ce que la vérité (3) ? » qui exprime le refus d’examiner, mais la question critique de savoir si ce que nous considérons comme une valeur mérite ou non qu’on y tienne. [ Haut de la page ]

La liberté de choix des valeurs
Mais sans même comprendre tous les détours d’une analyse de la notion de valeur, sans même élucider son rapport à celles de vérité et d’être, on peut voir que la liberté de conscience signifie que chacun est libre de choisir ses dieux et ses valeurs : ce n’est pas faire preuve d’incivisme qu’avoir d’autres valeurs que le plus grand nombre et par exemple ne pas reconnaître le critère de l’audimat. Nul n’est obligé (j’entends moralement ou juridiquement) d’être attaché aux mêmes choses, aux mêmes activités, aux mêmes divertissements que son voisin : la République signifie que chacun est libre d’estimer ce qu’il juge estimable. Ce qui vaut pour moi est ce que je juge valoir, et en aucun cas ce qu’une autorité politique ou religieuse m’imposerait de juger comme ayant une valeur quelconque, affective, esthétique, morale. Le propre de la République est de permettre à chacun d’avoir « ses » valeurs : nul n’y est même obligé d’être républicain. « La République est le régime, et le seul, qui assure et garantisse à tous la pleine liberté de conscience et la pleine liberté d’expression, y compris pour ceux qui cherchent à la modifier ou à la détruire (4) ». Si donc la plupart des Français sont attachés à certaines valeurs, nul, pas même français depuis toujours, n’est tenu de les reconnaître. Et le sens subjectif qui est ici donné au terme de valeur exclut qu’on puisse parler de valeurs « fondamentales ». Tout au plus pourrait-on dire : « valeurs le plus souvent partagées ».

Principes et non valeurs de la République
Mais on m’objectera que ces valeurs fondamentales sont les valeurs de la République. Que signifie donc l’expression : « les valeurs de la République » ? « Valeur de la république », au singulier, pourrait signifier que la République est le meilleur régime politique ou du moins qu’elle a une certaine valeur, qu’elle vaut quelque chose. Dans l’expression « valeurs de la République », le pluriel change le sens du terme de valeur et en même temps, ce qui est une des difficultés du français, le génitif objectif « de la République » devient subjectif : on ne parle plus en effet de ce que vaut la république (sens du génitif objectif dans l’expression « valeur de la République ») mais de ce que la République considère comme ayant une valeur (génitif subjectif : c’est la République qui estime ou juge ceci ou cela valable). La liberté, l’égalité, la fraternité dont les noms forment la devise de la République sont aujourd’hui appelées « valeurs » en ce sens. Ainsi le terme de valeur remplace celui de principe. Pourquoi dire valeurs et non plus principes ? Ce changement de vocabulaire passe aujourd’hui inaperçu et des hommes de bonne volonté s’y conforment sans se rendre compte du bouleversement qu’il entraîne. Quelques-uns, il est vrai, parmi les politiques ou les journalistes, et parfois d’abord parce qu’ils maîtrisent la langue française, y sont sensibles (5) et perçoivent qu’il s’agit d’un changement de fond.

Le principe de l’égalité
Qu’entendait-on par principe ? L’égalité est un principe républicain : un régime où les hommes ne sont pas égaux devant la loi, où par exemple le riche ou le professeur peut offrir à ses enfants une meilleure école que le pauvre ou le moins bien placé, n’est pas un régime républicain. Un régime où la liberté d’opinion n’est pas garantie par la loi n’est pas républicain ; par exemple, vouloir interdire les caricatures de Mahomet aurait été contraire aux principes républicains. Ces principes sont les règles fondamentales qu’un Etat doit respecter pour être républicain. Ils sont supérieurs à la constitution elle-même, qui doit leur être conforme pour être républicaine, et il est permis de débattre sur le caractère républicain ou non de la constitution. Mais d’abord le régime républicain signifie que le peuple est souverain, c’est-à-dire que chacun y obéit à la loi qu’il s’est prescrite, de telle sorte que nul n’est soumis aux décisions d’un maitre. La république ne peut donc exister que par les citoyens qui y exercent la souveraineté, étant chacun membre du pouvoir législatif (même lorsqu’ils ne font qu’élire leurs représentants). Le devoir du citoyen est, plus qu’un devoir d’obéissance aux lois, un devoir de critique : obéir aux lois s’impose aussi dans les régimes despotiques, le devoir de vigilance et de résistance est seul proprement républicain. Mais sans même mettre l’accent sur la fonction critique du citoyen, on voit bien que les principes de la République, comme leur nom l’indique, ne sont pas sans conséquences. Une fois qu’ils ont été posés, il en découle des obligations et des devoirs aussi bien pour les gouvernants que pour les gouvernés, et la loi vient s’opposer aux tentatives sans cesse renouvelées de mettre en question l’égalité, de quelque pouvoir qu’elles viennent, qu’il s’agisse du pouvoir de l’argent, d’un clergé, d’une communauté ou de n’importe quelle corporation.
[ Haut de la page ]

La laïcité et l’école
Ainsi la laïcité est non pas une valeur mais un principe, c’est-à-dire un pilier de la République. Cette métaphore veut dire que si on y touche, le bâtiment s’écroule. Elle est éminemment républicaine en ce qu’elle signifie à la fois que l’Etat n’a pas à régner sur les consciences et qu’il garantit que les Eglises ou quelque puissance que ce soit, médiatique ou économique, ne remettent pas en question la liberté de conscience et ne faussent pas le débat public. Une véritable école laïque se distingue d’une école confessionnelle en ce qu’elle ne régente pas les croyances et ne confond pas instruction et prédication. Sa tâche est donc principalement de préparer les citoyens à leur devoir de critique : apprendre à juger de telle façon qu’ils sachent défendre jalousement leur liberté. Lorsqu’à ses débuts elle préparait la Revanche (6), elle manquait à sa vocation : l’école républicaine n’a pas à inculquer des valeurs.

Les Français ont-ils toujours été républicains ?
Lorsque le Contrat d'accueil et d'intégration parle des valeurs fondamentales auxquelles les Français sont attachés, peut-il s’agir des valeurs de la République confondues avec ses principes ? Il arrive certes que les textes officiels contiennent de pieux mensonges. Si les Français avaient été attachés à la République tous les jours depuis 1871, l’histoire universelle en eût été bouleversée. Dire valeurs au lieu de principes, c’est mettre sur le même plan des choses de nature différente : les principes devenus valeurs perdent leur rang de principes, et donc ils cessent d’obliger. Mais inversement on érige en principe des valeurs qui sont seulement les « attachements » de quelques Français (même très nombreux, là n’est pas la question) parce qu’on voudrait qu’elles obligent. Pour quelques-uns de ceux qui disent valeurs au lieu de principes, le changement de vocabulaire ne procède sans doute pas d’une volonté de dénaturer l’idée républicaine. Mais d’autres savent très bien ce qu’ils font : ils ont la volonté d’imposer leurs valeurs à leur pays et même d’en définir l’identité par ces valeurs. Le premier Ministre français a récemment énoncé cette vérité, lors d’une réunion des partis de droite européens : ce que nous avons en commun, a-t-il dit, ce sont des valeurs. Il ne croyait pas si bien dire. Les droites se distinguent des gauches par des valeurs en effet, c’est-à-dire ne sont pas attachées aux mêmes choses, ou n’ont pas les mêmes priorités. Et cette façon de parler convient assez bien aux gauches, qui elles aussi ont parfois des valeurs communes, plutôt que des principes républicains.

Nul ne peut obliger quiconque à respecter « ses » valeurs
De là encore l’expression « respecter les valeurs » qui ajoute à la confusion de la notion de valeur l’incompréhension ordinaire de la notion de respect. La notion de respect n’est pas confuse, comme celle de valeur, mais elle est généralement méconnue (7). Il m’a semblé que cette incompréhension d’un terme pourtant parfaitement français rendait mon propos sur la laïcité et les valeurs totalement inintelligible à certains : respecter les valeurs signifierait, m’a-t-on dit, la même chose qu’obéir aux lois. Et certes, « respecter les pelouses » ou « respecter un règlement » n’implique pas qu’on ait pour la pelouse ou le règlement le respect qu’on doit à un grand esprit qu’on estime ou au dieu qu’on adore, et donc le terme de respect peut désigner un respect extérieur qui n’implique aucune approbation ni aucun amour. Par exemple on peut payer ses impôts tout en considérant que le régime fiscal est injuste. Mais que peut bien vouloir dire l’expression « respecter une valeur » ? Il ne peut plus être question ici d’un respect seulement extérieur, mais de la reconnaissance de la valeur de ces valeurs : le Contrat dont nous avons parlé demande bien à ses signataires (qui heureusement n’en tiendront pas compte) de considérer comme des valeurs les valeurs auxquelles on leur dit que les Français sont attachés. Si l’on voulait dire que vivre en France implique qu’on respecte les Français qui croient en de telles valeurs, quoique soi-même on ne les reconnaisse pas comme des valeurs, il s’agirait seulement de respecter la liberté d’opinion et la liberté de culte, mais non de respecter les valeurs qui sont ainsi exprimées. Un athée républicain est prêt à défendre le droit d’un catholique à confesser sa foi et à honorer son dieu, mais cela ne l’oblige en rien à reconnaître que ce dieu existe, qu’il est adorable et que les valeurs chrétiennes sont des valeurs (8). Ainsi obéir aux lois de la République française n’implique aucune forme de respect pour ce qu’en France tels ou tels Français appellent des valeurs. Telle est la confusion où conduit le changement de vocabulaire : la substitution de valeur à principe. Vouloir imposer le respect des valeurs de la République et de ce à quoi les Français sont attachés, c’est imposer qu’on partage leurs croyances, c’est imposer qu’on reconnaisse que ce qu’ils disent valoir quelque chose vaut quelque chose. On en trouve une preuve dans l’affirmation selon laquelle celui qui s’installe en France le choisit et donc doit aimer la France, etc. Remplacer principe par valeur fait disparaître l’universalité des principes républicains et confondre républicain et national, civisme et nationalisme, la rationalité critique au fondement de l’idée républicaine et l’appartenance affective au groupe. Bref, c’est nier ce qui fait la spécificité de la république et son universalisme.
[ Haut de la page ]

Qui aime bien châtie bien
Né en France de parents français, je n’ai pas moi-même choisi d’être français, pas plus que mes amis allemands n’ont choisi de naître allemands. De même la plupart des immigrés n’ont pas choisi de quitter leur pays pour trouver de quoi se nourrir ailleurs, et quand ils viennent de nos anciennes colonies, ils n’ont pas eu à choisir la France plutôt qu’un autre pays riche. Ainsi l’impropriété du vocabulaire n’est pas seulement une faute de français, elle est l’expression de la mauvaise foi. Nul n’est dans l’obligation en France d’aimer la France et de reconnaître que ce qu’on y aime, ce qu’on y prise, est digne d’amour et d’estime. Il est vrai qu’on peut appeler amour de son pays la résistance contre ce qu’on y trouve de haïssable et la volonté d’en changer radicalement la politique, mais les politiques qui voudraient que tous les étrangers s’installant en France aiment la France veulent-ils en faire des résistants ? Un citoyen a pour premier devoir de combattre ce qu’il juge contraire à l’idée qu’il a de la République, mais cette idée, unique objet d’une réelle instruction civique, est une exigence et non pas un ensemble de croyances, encore moins un agglomérat d’opinions mesurables par sondage. Il n’y a plus de République le jour où l’on détermine les valeurs des Français selon les méthodes qui permettent de savoir quel type de marchandises il faut mettre sur le marché pour s’enrichir. Alors en effet, au lieu d’être une tâche, la citoyenneté n’est plus que le fait de partager des préjugés communs. Que fera-t-on le jour où un sondage, au lieu de découvrir que les Français veulent du travail et de l’égalité, révèle qu’ils désirent être payés à ne rien faire ou refusent l’idée républicaine d’égalité ?

Le citoyen contre les pouvoirs
Je me demandais ce que signifie l’inflation du terme de valeur – au pluriel – dans le débat public : il signifie la perte du sens de l’exigence républicaine. C’est que le devoir de critique est rude et demande une vigilance de tous les instants, celle de ce qu’Alain appelait « le citoyen contre les pouvoirs ». Il importe ici d’écrire pouvoirs au pluriel, car il ne s’agit pas seulement d’exercer son contrôle de citoyen envers les détenteurs provisoires du pouvoir politique, mais de s’opposer à toutes les formes de pouvoir qui peuvent remettre en question la liberté et l’égalité, à quiconque dans ses fonctions abuse de son pouvoir, car même un gardien d’immeuble qui tyrannise une cage d’escalier est un pouvoir. Voilà pourquoi un républicain n’est pas anarchiste – j’entends au vrai sens du terme. L’anarchisme repose sur l’idée vraie que tout homme abuse du pouvoir dont il dispose de sorte que donner le pouvoir à un homme pour mener la politique d’un pays, c’est se donner un maître. Croire qu’en supprimant le pouvoir en question, on mettra fin au despotisme est une illusion fondée sur l’oubli que chacun est despote à sa manière en ménage, ou dans ses fonctions, même les plus humbles, et que sans l’existence d’un pouvoir institué, les pouvoirs ne manqueraient pas de s’exacerber les uns contre les autres. Il faut donc à la fois l’institution d’un pouvoir exécutif auquel l’obéissance est obligatoire et la vigilance la plus grande envers lui et envers toutes les autres formes de pouvoir, ce qui requiert que l’exécutif soit subordonné au législatif, c’est-à-dire au peuple souverain, et que chaque citoyen cesse d’adorer les pouvoirs quels qu’ils soient.


En guise de conclusion
Je me souviens d’un sujet de baccalauréat tombé, il y a plus de quarante ans : qu’est-ce qu’un bon citoyen ? Le professeur de philosophie nous voyait perplexes. Lui-même avait été résistant - nous le savions parce qu’une seule fois il nous en avait parlé, pour nous faire comprendre que vaincre sa peur n’est pas cesser d’avoir peur. Il nous dit seulement : « le bon citoyen, c’est le mauvais ». Réponse socratique. L’instruction civique apprend à être incommode. Maintenant qu’il est devenu officiellement impossible de faire respecter, même avec les enfants en bas âge, la discipline la plus ordinaire, au point que les tribunaux s’en prennent aux maîtres qui se défendent comme ils peuvent, faudrait-il, sous prétexte de la rétablir, parce qu’on en voit les conséquences dans les comportements jusque dans la rue, mettre en place une prédication prétendument civique ? Nos médecins voient le mal, mais, se méprenant sur sa nature, ils prescriront une nouvelle fois comme remède ce qui depuis des décennies détruit le malade. Le pédagogisme ayant imposé aux maîtres de renoncer à l’instruction sous prétexte de motiver, il ne lui reste plus maintenant qu’à inventer l’éducation civique pour combler avec des valeurs le vide qu’il a créé et interdire ainsi tout sursaut civique.
[ Haut de la page ]

Note sur la valeur travail
[ Haut de la page ]
Les candidats à un concours ne sont généralement pas en état de comprendre l’ironie des questions qui leurs sont posées. Lorsque l’un d’eux qui passait en dernier, vers 19 heures, choisit il y a trois ans de s’entraîner sur le sujet tombé l’année précédente au concours de l’Ecole Normale Supérieure : La fin du travail il n’avait pas le moins du monde envie de rire. Selon une convention aussi indéracinable que stupide, il s’est cru obligé de dire que le sujet était d’actualité et donnait lieu à un débat entre d’un côté les détracteurs du travail, qui veulent sa fin, parce qu’il aliène l’homme, et de l’autre ses défenseurs, qui soutiennent qu’il fait la dignité de l’homme et qu’il est une valeur. Je résume. Je n’ai bien compris qu’après l’avoir interrogé, une fois son exposé terminé : les partisans de la fin du travail, c’était la gauche, c’est-à-dire les marxistes, et les amis du travail, les libéraux. Le jeune homme n’a commencé à se réveiller que lorsque je lui ai demandé si la CGT était le syndicat de l’arrêt de travail. Le T de CGT lui était inconnu et il a très honnêtement avoué n’avoir jamais ouvert un livre de Marx. Mais le délire d’un étudiant ne le juge pas, puisqu’il est là pour apprendre et s’en délivrer. Celui-ci répercutait le discours ambiant sur un sujet sur lequel il n’avait rien appris. Ce genre d’épreuve est une occasion pour l’examinateur de s’instruire par une sorte d’expérience idéologique à laquelle la lecture de Platon ou d’Aristote en effet ne l’habitude guère. J’ai compris ce jour là ce que signifiait dans le discours médiatico-politique l’expression « valeur travail » : le refus de la réduction du temps de travail. Je me souvins alors qu’au temps du Front populaire les congés payés étaient mis sur le compte de la paresse ouvrière.
Qu’entendre en effet par « valeur travail » ? Cette expression sonne mal en français. Elle ne signifie pas que le travail a de la valeur – que par exemple tout travail mérite salaire – ni que le travail est créateur de valeur (les produits de la nature eux-mêmes ne peuvent en effet nous être utiles que grâce au travail des hommes). Ceux qui font usage de cette expression veulent dire que le travail est une valeur – et par exemple un organisme officiel nous dit que la grande majorité des Français considère le travail comme une valeur. Est-ce une manière maladroite de dire que chacun tient à son travail et que le chômage, même compensé par des allocations, coupe de toute vie sociale et va jusqu’à déshabituer de suivre des horaires ordinaires ? Que généralement, être « assisté » sans rien avoir à faire démoralise ? Le travail est comme tel une discipline sans laquelle il est difficile pour un homme de se tenir debout. Le travail, comme  emploi, répond au désir de reconnaissance qui fait que l’on ne ne supporte pas de se sentir inutile ou du moins de paraître inutile aux yeux des autres. Il y a certes là du vrai. Si les aristocrates de l’ancien régime ignoraient ce sentiment, les moralistes disaient déjà que l’oisiveté est la mère de tous les vices et que se donner de la peine finit un jour par être récompensé, au moins au paradis. Ainsi, avec la « valeur travail », il est convenu de louer l’effort. Même si la médaille du mérite ou tout autre hochet contribue à lutter contre la paresse, la reconnaissance de la nécessité du travail et de sa fonction sociale essentielle n’implique nullement en elle-même de tels discours moralisateurs. Pourquoi donc parler du travail comme d’une valeur ? Que signifie ce genre de prédication ? On voit en tout cas qu’il ne s’agit pas de l’idée marxiste selon laquelle l’humanité se réalise par le travail, c’est-à-dire par la transformation de la nature, par les conditions matérielles d’existence qu’elle se donne. J’ai entendu un médecin, fort aisé, se plaindre de devoir travailler plus de cinquante heures quand sa secrétaire s’arrêtait quinze heures plus tôt. Quelle inégalité ! Il y a une jalousie des plus riches à l’égard des plus pauvres.
On comprendrait que des patrons, sachant que la production de leur entreprise dépend du travail de leurs salariés, fassent l’apologie du travail. Il y a une noblesse du travail bien fait. Mais le jour où le travail n’est plus qu’un moyen de s’enrichir, l’essentiel n’est pas qu’il soit bien fait. Il est trop manifeste que la richesse des hommes n’est pas proportionnelle à la qualité de leur travail et que, pour « gagner plus », « travailler plus » ou mieux n’est pas d’un grand secours.

Le règne du pédagogisme est lié à l’oubli de l’idée d’instruction, c’est-à-dire d’instruction élémentaire – c’est un pléonasme. Instruire, c’est apprendre selon un ordre qui va du connu à l’inconnu de telle sorte que tout esprit puisse avancer par ses propres forces. C’est le contraire de recevoir sans comprendre un pseudo savoir. C’est commencer par le b, a, ba. Faute de quoi en effet seuls les plus doués s’en tirent, ou ceux qui par chance trouvent de l’aide en dehors de l’école. Aussi enseigner est-il difficile et suppose-t-il une maîtrise réelle du savoir : le vrai maître ou le vrai professeur, de quelque contenu qu’il traite, ne doit rien présupposer de connu de ses élèves, en dehors de ce qu’il énonce lui-même dans la classe, de façon à ce que la progression soit le plus rationnel possible et ainsi accessible à tous. L’idée d’instruction, dont on voit qu’elle repose sur une certaine idée du savoir, est par elle-même égalitaire, je veux dire républicaine. Et les rigueurs de sa méthode suffisent pour former les esprits sans qu’il soit besoin par-dessus le marché de leur dire où sont le bien et le mal.
[ Haut de la page ]

© Jean-Michel Muglioni et Mezetulle, 2009.


Notes   [cliquer ici pour fermer la fenêtre et revenir à l'appel de note]
  1. Cf. Kant Fondements de la métaphysique des mœurs, II, AK IV 434 sq.
  2. Voir l'article précédent La laïcité et les «valeurs» - II
  3.  Evangile selon saint Jean, 18,38.
  4.  Claude Nicolet, L’idée républicaine en France, Gallimard 1982 p.503 sq.
  5.  François Bayrou utilise le terme de valeur dans le sens que nous refusons ici, mais il écrit aussi que cette façon de parler ne le satisfait pas et que ce terme l’agace lui-même lorsqu’il l’emploie. Abus de pouvoir, Plon 2009, p.38. Cf. aussi Guy Konopnicki, La banalité du bien, Hugo & Cie, Paris 2009, p.133.
  6.  Pour reprendre à l’Allemagne l’Alsace et la Lorraine perdues en 1870.
  7.  On lira sur ce point ce qu’écrit Edith Bottineau dans ce blog : D'un prétendu "droit au respect"
  8.  Autre exemple : citoyen d’un Etat libre, je peux juger immoral le boursicotage sans que cela me donne le droit de m’opposer à quiconque joue en bourse dans le cadre de la loi. Je n’ai pas à ériger un jugement moral en loi pour les autres, et ceux-ci n’ont le droit de faire enseigner dans les écoles que jouer en bourse ou faire marcher le système capitaliste est une valeur.
[cliquer ici pour fermer la fenêtre et revenir à l'appel de note]
[ Haut de la page ]

Lire les articles précédents :
La laïcité et les «valeurs» - I
La laïcité et les «valeurs» - II

[Lire les autres articles de J.-M. Muglioni sur ce blog]
Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 06:47


Le Mas-d'Azil. Roger Parmentier a publié 13 livres en 2 ans

Record pour l'écrivain du Mas d'Azil.

Roger Parmentier. Photo DDM, Nathalie Sauer.

Spécialiste de l'histoire du christianisme originel et du judaïsme, Roger Parmentier, historien, exègète des textes fondateurs, compositeur de chants nouveaux adaptés à notre temps, est aussi connu pour ses «actualisations de la Bible», transpositions culturelles et spirituelles des écrits originels du christianisme, rédigés en des circonstances et des cultures bien éloignés de nous. Il convient donc de transposer ces «patrimoines de l'humanité» dans nos circonstances et cultures.

Roger Parmentier est Pasteur de l'Eglise Réformée (retraité mais actif comme animateur biblique) et contribue à animer l'Association A.C.T.U.E.L. qui publie un bulletin trimestriel, riche en ré-écritures actualisées. Rappelons que Roger Parmentier a toujours été un homme engagé, de la Résistance à l'aide aux juifs en danger, de la coopération avec le monde arabo-musulman en Afrique du Nord à l'engagement politique, comme en témoignent deux de ses livres récemment parus.

deux nouveaux livres sous presse

Il a été également «pasteur en travail» (comme les prêtres ouvriers, avec lesquels il a été très lié), responsable syndical d'une Université parisienne, militant mutualiste (MGEN), secrétaire national adjoint au Secours Populaire, candidat aux élections législatives à Montreuil, responsable de coopération pacifiste avec les Eglises d'Europe de l'Est...ses ouvrages reflètent bien son inlassable activité. Il honore l'Ariège, et le canton du Mas d'Azil où il vit à Raynaude et le village où il est né, Les Bordes sur Arize.

Les éditions prestigieuses «L'Harmatan» ont donc publié en deux ans, 13 livres de Roger Parmentier, un record ! Et deux autres sont sous presse. On peut les demander en librairie. Un grand auteur qui mérite d'être lu.

artricle publié par ladepeche.fr en janvier 2009

Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 11:29
Un don prestigieux, le Bréviaire de Montier-la-Celle

 

Grâce à la générosité d’un donateur, Pierre Guérin-Ruben, récemment décédé, le département des Manuscrits vient de s’enrichir d’un magnifique manuscrit à peintures de style gothique, datable de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle (coté Nouv. acq. lat. 3241), dont l’importance artistique se double d’un intérêt certain sur le plan historique.

 

Destiné au culte de l’Église catholique, le volume, qui est incomplet dans son état actuel, rassemble deux livres liturgiques distincts largement répandus dans le culte de l’Église catholique : un missel pour les grandes fêtes et un bréviaire, plus précisément la partie,
dite sanctoral, contenant la célébration des saints, pour la saison du printemps jusqu’à l’automne. D’abondantes notations musicales sur quatre lignes de portée tracées à l’encre rouge accompagnent les offices qui devaient être chantés dans le chœur de l’église.
En l’absence de titre ou de mention explicite, seul l’examen du contenu du volume nous permet de localiser sa destination. Les lectures de l’office à douze leçons et la fête de la translation des reliques de saint Benoît, le 11 juillet, sont autant d’indices qui nous conduisent vers un monastère de l’ordre bénédictin.
Des saints honorés localement mettent sur la piste de la Champagne et de Troyes, tel saint Loup, évêque de Troyes (29 juillet), ou d’autres moins connus, comme la vierge Exupérance (26 avril), ou encore saint Memorius et ses compagnons martyrs au temps d’Attila (7 septembre).
Particulièrement remarquable est l’importance donnée, le 16 octobre, à la fête de saint Frobert (Frodobertus), fondateur et premier abbé de Montier-la-Celle, mort vers 673. Ces données hagiographiques permettent, presque à coup sûr, d’attribuer l’usage de ce superbe manuscrit à la grande abbaye bénédictine située aux portes de Troyes, aujourd’hui détruite ; il manque toutefois la preuve définitive, en l’absence de la fête de la dédicace de l’église, le 5 juillet.
D’autres manuscrits similaires, provenant de cette abbaye, sont conservés à la médiathèque de Troyes, mais ils ne présentent pas l’exceptionnelle qualité artistique de celui-ci. Il faut admirer la beauté de la mise en page et l’abondance du décor ornemental. Sur chaque page, tout au long du volume, d’innombrables initiales ornées se prolongent par des antennes dentelées qui se transforment dans les marges en souples tiges végétales à feuilles pointues, peuplées de petits personnages, hybrides, oiseaux, grotesques. Les couleurs vives, bleu, rose, et surtout orange et vert font contrepoint à l’éclat de l’or en feuille, généreusement distribué. L’illustration du texte est constituée de 53 initiales historiées, représentant les saints personnages dont la fête est célébrée, dans leurs miracles ou leur martyre.
Ainsi, un moine (f. 162v) à la tête nimbée bénissant une dame coiffée d’une guimpe, assise, les mains jointes en prière, illustre un épisode miraculeux de la vie de saint Frobert, qui guérit sa mère aveugle.
Une autre illustration un peu énigmatique, au f. 151, montrant un berger, une houlette à la main, debout entre deux porcs, représente saint Serein, originaire de Metz au temps du roi Dagobert, dont la légende raconte qu’il mena un temps une double vie de berger et d’étudiant en lettres et en théologie. Le saint était particulièrement vénéré au prieuré de la Celle-sous-Chantemerle, dépendant de Montier-la-Celle.
Où le manuscrit a-t-il été réalisé ? La qualité et le raffinement du décor suscitent immédiatement un rapprochement avec l’activité des ateliers parisiens de la fin du XIIIe siècle, alors prédominante. Pourtant, certaines particularités stylistiques l’éloignent de Paris et le rapprochent du Bréviaire de Saint-Bénigne de Dijon (Dijon BM, ms 113) et d’un groupe de manuscrits lorrains liés à la famille de Bar, datables des premières années du XIVe siècle. Tant il est vrai que l’enluminure en Champagne, singulièrement remise en lumière, pour le XVe siècle, par l’exposition qui a lieu en ce moment à Troyes, reste à découvrir pour les époques antérieures. Le destinataire d’un manuscrit aussi luxueux ne pouvait être qu’un grand personnage. Depuis le départ de la dernière comtesse de Champagne, Jeanne de Navarre, qui se marie en 1284 avec le futur Philippe le Bel, la cour de Champagne avait perdu tout son lustre. Pourtant, une personnalité émerge, caractéristique de cette époque sulfureuse qu’on a appelée celle des « rois maudits » : le moine Guichard, protégé de la nouvelle reine et de sa mère, Blanche d’Artois, devenu abbé de Montier-la-Celle, puis évêque de Troyes en 1298, dont l’attitude scandaleuse causa la ruine et l’arrestation en 1308.
Le richissime ecclésiastique serait-il le commanditaire ? Le manuscrit a fait partie au XIXe siècle de la collection du célèbre journaliste politique, Armand Bertin, directeur du Journal des débats. C’est à cette époque que le volume a reçu une élégante reliure en velours vert, ornée de deux fermoirs en vermeil, fleurdelisés, signée du grand relieur parisien, Bauzonnet-Trautz.

Marie-Françoise Damongeot


Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 14:15
 
Posted by Picasa

Vous pouvez retrouver les aquarelles et les textes de Claude Boyer dans l'album
"Au Fil de l'Aube - Histoire d'une mise en Seine"

achevé d'imprimer le vendredi 5 décembre 2008
sur les presses offset de l'imprimerie Némont - 10200 Bar sur Aube.

L'album est en vente à la Maison de la Presse à Troyes
et au centre Cultura à St Parres aux Tertres.

Vous pouvez également contacter l'auteur
Claude Boyer 03 25 92 84 75
10500 Brienne le Château.


D'autres aquarelles sont visibles sur le blog

www.au-fil-de-l-aube.fr

Par deslilas10 - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés