Culture

Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 20:14

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Publication chez Actes Sud

Dialogue avec les montagnes. Journal du Régiment noir 1968-1971.

 

 

Après La Déchirure dont l’accueil fut discret, Le Régiment noir va marquer la véritable entrée de Henry Bauchau dans l’ampleur de sa vocation romanesque. Ce journal 1968-1971 en retrace les difficultés. Il est surtout marqué par une vingtaine d’entretiens très intimes de l’auteur avec son ami le médecin et psychanalyste Robert Dreyfuss.

Plusieurs aspects singularisent ce Dialogue avec les montagnes. Au moment où ce volume s’ouvre, Henry Bauchau suit depuis Montesano (l’institut d’éducation qu’il dirige) l’effervescence puis le rapide déclin du mouvement soixante-huitard. Le retour à l’ordre gaulliste lui rend manifeste l’ambivalence des sentiments que lui inspirent les figures du père et du grand-père. Or le Régiment noir, ce deuxième roman dans lequel il est plongé, engage profondément sa propre relation à l’image paternelle. C’est le livre de la réparation : son propre père aurait voulu être officier et en fut empêché, le jeune Bauchau en éprouva (in)directement le déshonneur ; mais c’est aussi le roman épique dans lequel Bauchau investit sans doute ses propres aspirations (déçues) à l’action héroïque – par conséquent, une oeuvre où se reflète son aventure assez culpabilisante dans le mouvement des Volontaires au Travail.

Autre caractéristique de cette période, le rôle prééminent de la peinture dans son activité de créateur. Comme si la pratique de cet art tenait alors le rôle (de gestation, de jaillissement de l’inconscient dans une forme libre) que prendra quelques années plus tard la poésie. Il est très souvent, dans ce volume, question de tableaux (autant que de rêves) sur lesquels l’auteur sollicite parfois le regard et l’éclairage d’un interlocuteur privilégié, comme s’il était en quête d’élucider une matière vive qui a surgi sans attendre sa propre manifestation dans le langage.

Dans ce livre prennent dès lors une grande importance les entretiens de Bauchau (une vingtaine sont retranscrits ou résumés) avec son ami le Dr Robert Dreyfuss qui fait à la fois figure de thérapeute et de post-analyste. Bauchau vient en effet d’achever sa deuxième analyse et assigne à ce “conseiller” (peut-être plus jungien que freudien) une fonction d’accompagnement très importante.

Le Journal, on le voit, n’est pas encore devenu ce lieu où l’action du livre se cherche et se réfléchit. C’est par une autre action que ce volume est dominé : celle de l’auteur vers lui-même. Presque pas de poèmes, fort peu de recensions ou de citations d’oeuvres lues. Au contraire, le lecteur est témoin d’un questionnement intime comme si l’auteur avait à mettre en ordre ses propres déterminants psychiques (plus tard, les surprises que lui réservent ses personnages prendront le dessus) et prolongeait son analyse, pour encore mieux les maîtriser.

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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 18:27


 
La Grande Passion de Bach avec Akadêmia
Salle comble hier soir pour Bach, l'ensemble vocal et instrumental Akadêmia sous la direction de Françoise Lasserre a offert sa répétition générale dans l'église Notre Dame des Trévoix à Troyes avant la Première qui aura lieu le 1er avril 2011 en l'église Saint-Roch à Paris et sera retransmise en direct de 20h05 à 23h sur Radio Classique.
texte publié le 31 mars 2011 dans Libération-Champagne. C'est un grand moment de musique que nous offre jeudi l'ensemble vocal régional Akadêmia sous la direction de Françoise Lasserre. La générale de la Passion selon Saint-Matthieu - la « grande » passion de Johann Sebastian Bach -, œuvre maîtresse de la saison 2011 d'Akadêmia, que l'ensemble exécutera en l'église Notre-Dame-des-Trévois.L'an passé, l'ensemble vocal régional avait offert au public troyen la générale de la Trauer Ode, accompagnée d'autres très belles cantates de J.-S. Bach, lors d'un concert mémorable.La Passion qui nous est promise jeudi marque une étape déterminante dans le parcours de la formation dirigée dès l'origine par Françoise Lasserre. En plus de vingt années de travail, l'ensemble a atteint la maturité nécessaire à aborder cette œuvre majeure du répertoire, l'une des plus complexes de Bach, créée et donnée lors de son séjour à Leipzig, en 1727. Bach a alors « atteint toute sa puissance créatrice ». Cette passion est d'une « extraordinaire maîtrise, alternant savamment récits de l'Évangile, chorals témoins de la foi luthérienne, grands ensembles à l'architecture complexe et commentaires poétiques. »Chœurs, récitatifs et sublimes arias se succéderont lors de plus de trois heures d'une rare intensité musicale. Notamment parce que l'œuvre théâtralise la Passion, autour des rôles du Christ et de l'évangéliste narrateur. À Troyes avant les grands festivals estivaux… Pour les privilégiés qui seront là, goûtant les excellents chanteurs invités par Françoise Lasserre - Christian Immler (le Christ), Jan Kobow (l'évangéliste), les sopranos Celine Sheen et Cécile Kempenaers, etc. -, ce sera l'occasion de goûter une œuvre révolutionnaire qui, à son époque, dépassait tout ce que la musique sacrée avait produit jusqu'alors.Après un siècle d'éclipse, elle a été exhumée et ressuscitée par Felix Mendelssohn et donnée en décembre 1829. Et elle est depuis considérée comme le sommet absolu de la musique sacrée. Si difficile à maîtriser qu'elle reste rare, cependant, en France. C'est dire la chance qui est offerte aux Troyens de la découvrir en avant-première avant qu'elle ne soit donnée dans les grands festivals estivaux. Festival de musique baroque de Lyon (avril), Flâneries musicales de Reims en juin et Festival de La Chaise-Dieu en août…- « La Passion selon Saint-Mathieu », Jean-Sébastien Bach, jeudi 31 mars, à 20 h, église Notre-Dame-des-Trévois.Entrée libre.
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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 08:20


15 mars-30 avril 2011 exposition sur Gaston Cheq et la révolte des vignerons auboirs en 1911 à la Médiathèque de Bar sur Aube.
Avec un film amateur d'époque et divers documents dont la carte d'adhérent au Parti socialiste de Gaston Cheq.

15th March - 30th April 2011 Exhibition about Gaston Cheq, the leader of the Champagne producers riot in 1911.
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 13:49

Exposition Médiathèque du Grand Troyes Légende du roi Arthur



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Exposition du 14 mars au 30 juin - Médiathèque du Grand Troyes


Chrétien de Troyes est considéré à plus d’un titre comme l’un des fondateurs du roman et une part importante de la littérature médiévale est marquée par son œuvre. Si la légende du roi Arthur existait avant Chrétien, celui-ci lui a donné un écho sans précédent qui a contribué à la floraison de textes dans l’Europe entière, et trouve aujourd’hui encore des résonnances dans la littérature, la bande dessinée, le cinéma, la télévision.
14th March -30th June Médiathèque de Troyes

Exhibition about King Arthur and Chrétien de Troyes  with lots of splendid manuscripts and illustrations

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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 14:51

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Une série de 12 timbres édités par la Poste pour la Journée de la femme 2011.
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 11:59

 




Vendredi 4 mars 2011, 19h.
Emission en direct "Envie de sortir" sur la chaine de télé locale Canal 32.
Le blog http://www.troyes-en-champagne.blogspot.com/ était l'un des invités avec le représentant des Forains des foires de Mars à Troyes, le responsable du Club de poker de Troyes et le directeur du Conservatoire régional de musique de Troyes Gilles Herbillon.

Friday 4th March.
7 h pm, Canal 32, the Troyan local TV had invited the blog http://www.troyes-en-champagne.blogspot.com/ with the Troyan March fair organizer, the Troyan poker club president, the headmaster of the Music highschool of Troyes Gilles Herbillon.
An opportunity to talk about local history and tourism on the net.
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 13:46


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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 13:40

Graffitis rue Croulebarbe



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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 15:19



Exposition d'aquarelles de Claude Boyer du 20 janvier au 18 février 2011
Watercolors exhibition "Les Belles Auboises dormantes" - Claude Boyer
Agence BNP PARISBAS
53, rue du Général de Gaulle - TROYES
entrée libre du lundi au vendredi 8h30-12h et 13h30-17h30
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 14:38

Bonne critique dans Télérama d'un bon livre qui n'est pas que policier.

 

henning-mankell-l-homme-inquiet-M43845.jpg

 

Quitte à être solitaire, que ce soit loin du bruit, de la ville, du monde. A la soixantaine, un homme se force à prendre une décision : aller vivre à la campagne, ce qui, il le sait, est un saut dans le vide. Il a pour seule compagnie son chien et quelques vieux fantômes qui ne le lâchent pas, quelques démons qui ont pour nom amours mortes, ratages de la vie, infortunes. Il se dit qu'il est temps de songer à la retraite, dire adieu au labeur, à cette part de lui-même. Là il constate le désastre : que lui reste-t-il en dehors du boulot ? Cet homme inquiet, presque à la torture, qui fait le bilan de son existence, qui a confondu vie personnelle et travail, qui, toujours, doute de lui et des autres, c'est Kurt Wallander.

A la soixantaine, sans regret ni amertume, l'écrivain suédois Henning Mankell a, lui aussi, pris une décision : se libérer, tourner la page, en finir avec Wallander. Se quitter bons amis avant de n'avoir plus rien à se dire, plus à rien imaginer ensemble. Un divorce sans commun accord. Le personnage ne peut que se plier à la volonté de son maître, star du polar scandinave, dont l'oeuvre fabuleuse (théâtre, jeunesse, essais, fictions...) est traduite dans le monde entier. Le couple Mankell-Wallander, moins fidèle que Simenon-Maigret, aura quand même tenu une vingtaine d'années, soit neuf romans. Mankell a choisi de faire de son personnage un type des plus ordinaires. En quelques lignes, dans leur dernière aventure, il lui brosse un portrait peu flatteur : « Il appartenait à la génération qui avait fini de grandir dans les années 1960. Mais il n'avait jamais été impliqué dans un mouvement politique, n'avait jamais participé à une manifestation, n'avait jamais réellement compris l'enjeu de la guerre au Vietnam, pas plus qu'il ne s'était intéressé aux luttes de libération dans des pays qu'il aurait eu des difficultés à situer sur une carte. Il était ignorant. »

Mankell, écrivain sensible à la marche du monde, prêt à la critiquer, à prendre position, ne supporte pas l'ignorance - l'aveuglement. Wallander n'est pas son double, plutôt son contraire. Certes, ils ont vieilli ensemble. Certes, ensemble, ils ont affronté meurtres et violences, sont devenus père, puis grand-père... Dans cet ultime roman de pure mélancolie, de vague à l'âme lancinant, peut-être le plus obsédant de toute la série, les vieux compères cherchent à comprendre l'impossible. Henning Mankell utilise son personnage pour nous raconter ses propres inquiétudes, interroger les chaos de notre époque.

L'Homme inquiet se situe en 2003, c'est-à-dire maintenant. Mankell plonge son flic trop bon enfant, un peu lâche parfois, dans un tourbillon d'interrogations, d'enquêtes, aussi intimes que politiques. Avec un rien de romantisme, il lui bâtit, pour son dernier tour de piste, une intrigue qui mêle histoires de famille, amours, disparitions énigmatiques, espionnage. On y sent le temps qui passe. On y devine la peur de la vieillesse. On y lit des souvenirs heureux et des erreurs, les petites choses de la vie comme les grandes énigmes, faits divers ou ruptures politiques : la « pseudo-neutralité » de la Suède pendant la Seconde Guerre mondiale, l'autre guerre, dite la guerre froide, qui n'en finit pas de finir, les espions de tous bords, russes ou américains, l'assassinat toujours non élucidé du ministre suédois Olof Palme (1986), la haine raciale qui, aujourd'hui, enfle en Europe...

Wallander souffre, cherche à démêler le bien du mal. Il a la mémoire qui flanche, des trous noirs, des absences qui finissent par le ronger. Mankell ne lui tend pas la main. L'oubli - le déni de l'Histoire comme des histoires - est pour cet écrivain, qui ne rejette pas le qualificatif « engagé », une faute irréparable.

Martine Laval

Telerama n° 3171 - 23 octobre 2010
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